Des fanals?

Le français ressemble parfois à une litanie d’exceptions à une règle qui, au départ, semblait d’une grande simplicité.

Le cas du pluriel des mots finissant par –al en est un bel exemple. Pour bien des mots rentrant dans cette catégorie, le pluriel s’impose comme une évidence :

Des animaux, arsenaux, chenaux, hôpitaux, journaux, etc.

Mais quel est le pluriel de mots comme cérémonial, narval, récital? Doit-on dire des cérémoniaux, des narvaux, des récitaux,? Le doute nous saisit.

Tous les mots précédents font leur pluriel en –als. Donc, on dira des cérémonials, des narvals, des récitals.

Mais en vertu de quelle logique au juste? Si on avait décliné le pluriel de ces mots avec le –aux qui semblait être la règle au départ, que serait-il arrivé? Rien. On n’y aurait vu que du feu.

Ce qui m’amène au mot fanal. En entamant la rédaction de cet article, j’étais convaincu qu’on disait des fanals. Mal m’en prit, car mon correcteur surlignait le mot fautif d’un trait de sang. J’étais pris en défaut.

Maintenant, voyons voir si je peux arriver à vous prendre en défaut… Quelle est la bonne formulation?

Des liens causals/causaux.

Des examens finals/finaux

Des œufs pascals/pascaux

Vous avez peut-être compris que les deux formes sont acceptées. Ce qui signifie que nous devons les mémoriser aussi. Voilà donc une troisième catégorie, qui réunit aussi les mots suivants : bitonal, marial, idéal, choral.

En fin de compte, ne serait-il pas plus simple de décider que tous les mots finissant en –al font leur pluriel d’une seule et même manière?

Ce qui pourrait donner ceci :

            Des animals, arsenals, chacals, chenals, chevals, festivals, hôpitals, journals, etc.

Ou encore cela :

            Des animaux, arsenaux, chacaux, chenaux, chevaux, festivaux, hôpitaux, journaux, etc.

Les finales en -ou

Si l’on souhaite un jour simplifier le français, il faudra bien s’attaquer à ces pluriels à deux volets, en mettant fin aux exceptions.

Tiens, on pourrait commencer par cette nomenclature ridicule qui nous donne des joujoux et des poux.

Tout francophone se doit de mémoriser cette célèbre énumération aux allures de comptine : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou, qui font leur pluriel en mettant un –x final. En fait, il s’agit d’une erreur venant du Moyen Âge.

On disait à l’époque un chol, des chous. Les scribes remplaçaient certaines finales en us par un x pour économiser du papier. Ils écrivaient donc chox. Ils ont par la suite ajouté le u pour faire choux.

Grevisse, que l’on ne peut certainement pas comparer à un maoïste de la langue, ne voyait aucune raison de traiter chou autrement que fou. D’ailleurs, peu de gens le savent, mais l’Académie avait condamné ces pluriels ridicules en 1908 et avait proposé les graphies suivantes : bijous, caillous, chous, genous, hibous, joujous, pous.

Je reprends cette proposition.

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