Faire la différence

L’expression faire la différence envahit le discours public, pour ne pas dire qu’elle s’impose carrément. À l’instar de tous ces leitmotivs répercutés par les porte-parole, les journalistes et rédacteurs de tout acabit, elle est un calque grossier de l’anglais.

Comme le signalent si bien les Clefs du français pratique du Bureau de la traduction : « La personne qui fait la différence, ou fait une différence, entre deux choses « établit une distinction » : Faire la différence entre le bien et le mal. Elle ne fait pas de différence entre eux. On peut lui servir du lapin pour du lièvre, elle ne fera pas la différence. »

L’expression est utilisée dans au moins deux contextes différents.

Le premier et le plus fréquent est de faire pencher la balance, avoir une influence déterminante, avoir pour résultat, tirer son épingle du jeu; se distinguer.

Un exemple dans le monde du sport : La défensive des Alouettes a fait la différence dans le match. On aurait pu dire que la défensive a joué un rôle décisif.

Le deuxième contexte est celui d’un slogan. On invite les contributeurs à Centraide à faire la différence. Avec un peu d’imagination, on aurait pu éviter le calque : À vous de jouer; influez sur le cours des choses; changez les choses; apportez votre contribution; agissez concrètement; votre contribution est importante.

Voici d’autres possibilités glanées dans des traductions du gouvernement fédéral : visez l’excellence; les mots ont tout leur poids; contribuer au mieux-être de l’ensemble; le pouvoir des enseignants; notre force est notre solidarité; les mentors ont-ils une influence?

L’expression faire pencher la balance devrait permettre au rédacteur et à la rédactrice de se tirer d’affaire dans la plupart des cas. Ainsi, ils éviteront le calque de l’anglais tout en s’exprimant dans un français idiomatique.

 

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