Pourquoi sauver Le Devoir?

Le seul quotidien indépendant du Québec est en difficulté financière. Cette triste nouvelle a suscité une vague de réactions partout et dans les médias sociaux. Un fil de discussion sur Twitter est même apparu : #PourquoiLeDevoir.

Bien des raisons ont été avancées pour soutenir Le Devoir. La mienne se résume en peu de mots : c’est un journal qui fait appel à l’intelligence. Quand je le lis, je me renseigne et je réfléchis.

Quelques signes qui montrent que le journal fait bande à part : il n’a jamais publié d’astrologie; il se tient loin des nouvelles dites insolites (orignal dans une piscine, par. ex.); sa page frontispice n’est jamais masquée par une pub vantant le nouveau Dodge Ram; les nouvelles ne sont pas noyées sous un fatras d’annonces; l’information internationale est traitée décemment et analysée.

La disparition du Devoir serait une tragédie, parce qu’il est unique.

Ses concurrents font partie de puissants conglomérats financiers qui pratiquent ce qu’ils appellent la « convergence ». Tel journal populaire fait mousser les émissions et les vedettes de la chaîne de télévision du propriétaire. Elle n’est guère tendre pour le réseau de télévision d’État, lui-même officieusement associé à l’autre grand quotidien.

Bien entendu, ni un ni l’autre de ses concurrents ne parle de l’intégration verticale des médias, alors que Le Devoir en discute librement.

Contrairement à un grand quotidien du quartier financier, il n’a pas d’opinion préconçue au sujet du statut politique du Québec. Un hypothétique règlement du contentieux constitutionnel en faveur du Québec pourrait recevoir son appui, alors que ledit grand quotidien n’appuiera jamais l’indépendance du Québec.

Je lis Le Devoir aussi parce qu’il ne publie pas des inepties comme : le français ne s’est jamais mieux porté à Montréal.

Je lis Le Devoir pour la qualité de la langue. Bien sûr on y trouve des fautes. Ses journalistes succombent à certaines modes linguistiques, certes. Mais, grosso modo, le français qu’on y lit est un cran supérieur.

Enfin, Le Devoir publie tous les samedis un cahier littéraire à part. La rentrée littéraire fait l’objet d’articles fouillés.

Si nous ne voulons pas voir ce quotidien disparaître, il faut s’abonner et inciter nos amis à en faire autant.

Vous n’avez pas assez de temps pour le lire tous les jours? Achetez au moins le numéro du samedi, vous en aurez pour la semaine!

Pour vous abonner.

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