Démotion

« À cause du réaménagement des effectifs, Corinne a subi une démotion. » Voilà une phrase que l’on pourrait entendre à la cafétéria d’une entreprise et à peu près personne ne tiquerait… sauf des amants pointilleux de la langue française.

Quoi de plus français qu’une démotion? Pourtant, essayez de taper ce terme dans un logiciel de traitement de texte et vous verrez le mot se décorer d’une petite guirlande rouge, généralement un signal inquiétant. Cherchez le mot dans le Robert ou le Larousse et il n’y est pas…

Et pour cause! Démotion, malgré ses allures françaises, vient de l’anglais demotion. Pourtant, notre langue possède le verbe démettre qui signifie révoquer, destituer. Il est donc naturel que l’on tombe dans le piège.

Mais ce que les anglophones appellent une demotion est en fait une rétrogradation. Rétrograder, c’est reculer dans la hiérarchie; il ne s’agit donc pas tout à fait de la même chose qu’être révoqué ou destitué.

Donc, rien à faire, il faut dire rétrogradation.

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