Délais judiciaires

Ces temps-ci, on ne parle que des délais judiciaires. Les médias propagent allègrement cette petite faute sans le moindrement douter de l’exactitude de cette expression insidieuse.

Dans un billet précédent, j’ai mis en lumière l’énorme confusion existant entre le sens français de délai date butoir, et celui de l’anglais – retard.

Au Québec, l’usage courant est une joyeuse fricassée des deux sens, allègrement confondus par à peu près tout ce qui gribouille et scribouille.

L’expression délais judiciaires ne fait qu’ajouter à la confusion monstre qui règne déjà. Il est à la fois question des dates limites pour la tenue de certains procès, auquel cas le mot délai est correctement employé. Mais en lisant bien les articles des médias, on comprend vite qu’il est également question des retards de la justice.

À cause de ces retards, les délais prescrits par la loi pourraient ne pas être respectés, avec les conséquences que l’on sait.

Or, en observant attentivement la prose journalistique dans tous les domaines, ainsi que l’usage courant, on constate vite que dans la majorité des cas les fameux délais ne sont rien d’autre que des retards.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Des retards à rendre justice.

Il faudrait donc parler des retards judiciaires.

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