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Promesses

En cette période de dépôt du budget, quoi de plus pertinent que de parler du mot promesse? Quels sont les cooccurrences souhaitables?

Le ministre des Finances du Québec, M. Carlos Litao, saura-t-il respecter les promesses de son parti, ou bien les brisera-t-il? On peut en effet manquer à sa parole, tout comme à sa promesse. Pour toutes sortes de raisons, les politiciens (anglicisme accepté) ou les politiques (terme classique, moins usité au Canada) en viennent à rompre leurs promesses, ce qui revient à dire qu’ils les ont violées.

C’est souvent à la suite d’un reality check, d’une prise de conscience de la situation réelle, que les politiciens finissent par faire le contraire de ce qu’ils avaient dit. Bien entendu, c’est la faute du gouvernement sortant, autre classique.

Ceux qui ont plus de courage et d’imagination parviennent toutefois à remplir, à respecter, à honorer leurs promesses.

C’est ce que nous verrons cet après-midi.

 

Les métaphores sportives

Un chroniqueur d’automobile qui affirme que tel constructeur devra jouer du hockey de rattrapage s’il veut s’implanter en Chine. Autrement dit, il lui faudra rehausser son niveau de jeu.

L’influence du hockey dans la langue de tous les jours se passe d’explications et ne doit pas être condamnée. Autant accrocher ses patins. Une langue fleurie et vivante ne peut se passer d’images empruntées un peu partout, même au monde des sports. Encore faut-il ne pas sombrer dans la démesure.

Certaines expressions finissent cependant par devenir envahissantes. On peut certainement s’interroger sur le plan de match du pilote du Canadien, Michel Therrien; mais le premier ministre Philippe Couillard a-t-il un plan de match pour redresser les finances publiques? Un plan tout court devrait lui suffire.

Moins fréquentes dans la prose quotidienne, les expressions travailler dans les coins et donner son 110 pour 100 font recette dans la langue parlée. Mais personne ne voudra compter dans son propre filet en les glissant dans un texte sérieux, par exemple un rapport financier…

Pourquoi? Parce que le français est une langue plus formelle que l’anglais, qui recourt volontiers à des images pour enjoliver le discours. En français, il faut être plus prudent.

Un fidèle lecteur de Québec me signalait la propension des médias de l’endroit à utiliser l’expression terrain de football comme étalon de mesure. Bien entendu, à peu près tout le monde a une idée de la dimension d’un terrain de football, mais parler de « Quatre terrains de football de diesel dans la rivière Chaudière » est un peu exagéré. Après tout, le diesel est un liquide, alors il serait plus approprié de parler en termes de litres déversés.

Cette propension à utiliser les métaphores sportives s’explique probablement par l’influence de nos voisins du Sud, qui empruntent bon nombre d’expressions au baseball et au football.

Ainsi, lorsque les Américains font une estimation, ils parlent de ballpark figure, comparaison pour le moins étrange. D’autres expressions s’inspirent du baseball.

To be out in the left field. En français québécois : vous êtes dans le champ, vous vous trompez complètement, vous êtes à côté de la plaque. Laquelle? Le marbre au baseball? Non, puisque cette expression figure dans Le Petit Robert, or, les Français ne connaissent rien au baseball. Il s’agit donc d’une autre plaque. Raté, une prise.

Lorsque vous réussissez un bon coup, vous frappez un coup de circuit, comme nos voisins du Sud : to hit a homerun.

L’expression donner la chance au coureur vient aussi du baseball. Popularisée par René Lévesque, en 1976, elle est bien intégrée au vocabulaire et signifie donner sa chance à quelqu’un, donner le bénéfice du doute.

En fait, je suis persuadé que bien des gens qui l’emploient ignorent de quel coureur il s’agit. Par analogie, rappelons qu’un sketch immortel sur le sport national américain s’intitulait Who’s on first, qui est au premier but? Le coureur, voyons.

 

 

En vertu de

Les infortunes d’« en vertu de » sont infinies. Cette locution qui relève d’abord et avant tout du droit envahit insidieusement la langue courante. Faut-il s’en formaliser?

Les dictionnaires courants en limitent le sens au monde juridique : en conséquence de; au nom de. Toutefois, Le Petit Robert signale quand même un usage un peu plus général : En vertu des grands principes. En vertu de quoi.

Le Trésor de la langue française définit l’expression ainsi : par le pouvoir de. Assez curieusement, le Littré ne parle pas de droit, puisque l’exemple donné est d’ordre général… Mais la citation est de Bossuet…

Les Clefs du français pratique signalent qu’en vertu de s’emploie surtout dans la langue juridique et la langue administrative. Mais la locution a parfois un sens plus large : Un objet qui flotte sur l’eau en vertu du principe d’Archimède.

On remarquera que l’usage plus général semble limité à des notions, des principes. Il faudra se garder d’étendre l’emploi de la locution à des contextes plus vastes, auxquels elle pourrait être inappropriée.

Une autre expression maltraitée est nonobstant. Rappelons-nous la fameuse clause nonobstant, calque de l’anglais notwithstanding clause, en français, la disposition de dérogation. Un gouvernement peut invoquer cette disposition pour soustraire une loi à la Charte des droits et liberté.

Jadis, nonobstant signifiait cependant, néanmoins, mais cet usage est vieilli. Cette préposition s’emploie uniquement dans le domaine du droit.

Sauver de l’argent

Le champ sémantique du verbe anglais save est plus vaste que celui du français sauver. Le Robert lui attribue trois sens précis : 1) Faire échapper quelqu’un ou un groupe à un grave danger; 2) Empêcher la destruction, la ruine, la perte de; (sauver des emplois; sauver son honneur); 3) RÉGIONALISME (Canada; critiqué) Économiser.

Les deux premiers sens circonscrivent bien la portée de sauver, tandis que le troisième signale clairement l’anglicisme.

L’expression qui revient le plus souvent est Sauver de l’argent. Pourtant, deux verbes simples permettent d’éviter ce calque de l’anglais : économiser et épargner.

Par exemple : J’ai économisé deux dollars : les dentifrices étaient en solde (et non en vente) à la pharmacie. J’épargne pour mes vieux jours (et non je sauve de l’argent).

Un autre intrus qui revient souvent : sauver du temps, ou pire, acheter du temps. En bon français, gagner du temps.

Par exemple : Le ministre gagne du temps pour essayer de réparer les pots cassés (et non pour contrôler les dommages).

En informatique, on sauvegarde un fichier pour le conserver. On sauve un fichier si le disque dur est en perdition et qu’on tente de le récupérer avant qu’il ne soit effacé. C’est le seul cas où on sauve un fichier.

Université Oxford ou d’Oxford?

On entend souvent une phase du genre : «John a fait ses études à Oxford». La célébrissime institution n’a pas besoin de présentation, et certains l’appellent plus explicitement Université Oxford.

Cette appellation est pourtant erronée. Elle s’inspire en effet de l’anglais, langue de juxtaposition, qui dit Oxford University, qui pourrait aussi être rendu «à la française» par University of Oxford.

Dans notre langue, il faut toujours insérer un de entre le générique Université et le toponyme. Ainsi : Université de Sherbrooke, de Paris, de Moscou. Par conséquent, on dira Université d’Oxford.

Toujours en français, il y a apposition uniquement quand l’élément déterminatif – le nom de l’institution – est un nom propre de personne, pas un nom de lieu. Par exemple : l’Université McGill, l’Université Harvard.

Certains mettront en apposition les appellations géographiques qu’on ne traduit pas : l’Université Western Ontario. L’usage, dans ces cas, n’est pas établi. Ainsi, le Bureau de la traduction du gouvernement fédéral recommande l’Université de Western Ontario.

Ce qui amène deux questions : 1) Faut-il traduire les noms d’universités canadiennes et étrangères? 2) Que fait-on avec des appellations atypiques, c’est-à-dire qui s’écartent du modèle Université + de + nom de lieu?

Traduire les noms d’universités?

Il est encore étonnant que les gens se posent la question. J’ai eu le bonheur d’étudier à l’Université de Bonn en Allemagne; il ne me viendrait jamais à l’idée de dire Universität Bonn. La traduction des appellations simples m’apparaît une nécessité, autrement nous pourrions farcir nos textes d’appellations étrangères comme Helsingin Yliopisto… Tout le monde a reconnu l’Université d’Helsinki, j’espère…

De la même manière, personne n’oserait énoncer en langue originale les universités de Tokyo, Moscou ou Buenos Aires. La tendance naturelle est de traduire.

Les universités américaines

Certains hésitent devant les institutions américaines. Bien sûr, elles n’ont pas de nom français officiel, mais c’est exactement le même problème pour les universités espagnoles, allemandes, turques, zimbabwéennes… Faux problème.

Pourquoi s’obstiner à dire la University of New York, quand on parle pourtant de l’Université de Grenade en Espagne? L’Université de New York se dit tout aussi bien.

Mais on ne peut tout traduire, car certaines institutions sont connues sous leur appellation originale. Le MIT est un bel exemple. Même dans la Grande Toile on trouve très peu d’Institut de technologie du Massachusetts. On respectera cet usage qui penche vers la conservation de l’anglais Massachusetts Institute of Technology.

Si les appellations géographiques se rendent bien en français, il faut prendre garde à certaines d’entre elles. Songeons à la Northwestern University, à Chicago. Vous pouvez bien la traduire par Université du Nord-Ouest, mais vous risquez de perdre vos lecteurs dans la brume. Certes, l’appellation anglaise est tout aussi floue, mais le fait est que ce nom n’est pratiquement jamais traduit.

Appellations atypiques

L’anglais a des dénominations particulières pour certaines universités et il est quelque peu risqué de les traduire intégralement. Pensons à la London School of Economics. Voilà un autre cas d’institution bien connue sous son nom anglais. De plus, le mot école en français désigne le plus souvent des établissements primaires et secondaires, bien que l’on voie certaines institutions d’enseignement universitaire, comme l’École polytechnique et l’École nationale d’administration, en France.

Le Trinity College de Dublin est une autre appellation atypique. On pourrait parler du Collège de la Sainte-Trinité, mais, encore une fois, l’usage penche pour l’anglais. On rangera dans le même lot le Boston College, qu’il serait risqué de rendre par le Collège de Boston, possiblement confondu avec un… collège, au sens québécois du terme. («Il a fait son cégep à Boston!»)

Morale de cette histoire, avant de traduire une appellation, un petit coup de sonde dans Google s’impose, ne serait-ce que pour voir si le nom de l’institution est traduit ou non.

La majuscule à Université

On se tiendra loin des guides de typographie franco-européens, encore englués dans les règles désuètes du XIXe siècle. À moins de vouloir infliger à ses lecteurs l’hallucinant jeu de bascule suivant : université de Montréal, mais Université laurentienne, on mettra systématiquement la majuscule à Université, qu’il s’agisse d’une institution canadienne ou étrangère. C’est d’ailleurs ce que recommande le Guide du rédacteur du gouvernement fédéral canadien.

 

Faire la différence

L’expression faire la différence envahit le discours public. À l’instar de tous ces leitmotivs répercutés par les porte-parole, les journalistes et rédacteurs de tout acabit, elle est un calque grossier de l’anglais.

Comme le signalent si bien les Clefs du français pratique du Bureau de la traduction : «La personne qui fait la différence, ou fait une différence, entre deux choses « établit une distinction » : Faire la différence entre le bien et le mal. Elle ne fait pas de différence entre eux. On peut lui servir du lapin pour du lièvre, elle ne fera pas la différence.»

Avec un peu d’imagination, on peut éviter les traductions serviles. Voici un florilège de belles tournures, pour divers contextes, glanées dans des traductions gouvernementales : À vous de jouer; influer sur le cours des choses; changer les choses; apportez votre contribution; agissez concrètement; visez l’excellence; les mots ont tout leur poids; contribuer au mieux-être de l’ensemble; le pouvoir des enseignants; votre contribution est importante; notre force est notre solidarité; les mentors ont-ils une influence?

Comme je le signalais dans un article précédent, on peut aussi dire faire pencher la balance. Un rédacteur ayant un peu de culture générale peut aisément tirer son épingle du jeu et éviter de penser en anglais quand il écrit en français.

Alternative

L’anglicisation du français se fait de diverses manières. Contrairement à ce que l’on peut croire, le français ne s’anglicise pas uniquement par les emprunts multiples et effrénés des Européens. Beaucoup de ces emprunts ne sont que des étoiles filantes qui se perdent vite dans les galaxies éloignées de notre système langagier…

Phénomène moins connu, un certain nombre de mots français voient leur sens élargi, sous l’influence de l’anglais. Pour le meilleur et pour le pire. L’un des derniers en date est spéculation, mot auquel le Petit Larousse attribue la définition suivante «Construction abstraite, commentaire arbitraire et invérifiable : Leur entretien secret a donné lieu aux spéculations des journalistes.»

On est loin des considérations théoriques de la définition originale. Sous l’influence de l’anglais, le mot se démocratise, en quelque sorte.

Le mot alternative a aussi évolué. Traditionnellement, on définissait le terme comme un choix entre deux options opposées. Sous l’influence de l’anglais, influence critiquée, d’ailleurs, le mot a pris le sens de solution de remplacement.

Ce nouveau sens a essaimé dans d’autres expressions. Par exemple, les alternatifs est un nom collectif qui embrasse l’ensemble des forces politiques qui combattent le néolibéralisme, c’est-à-dire le capitalisme débridé. Les alternatifs proposent une alternative à l’exploitation sans vergogne des richesses naturelles, au triomphe du capitalisme financier; ils luttent aussi pour le développement durable et un meilleur partage de la richesse.

D’autres expressions, inspirées par l’idée de solution de rechange, ont bourgeonné. Pensons à la médecine alternative. Quand un sens nouveau s’immisce un peu partout, il devient très difficile de revenir en arrière. D’ailleurs le faut-il absolument?

 

 

Seconde ou deuxième guerre mondiale?

On s’entend pour considérer les conflits de 1914-1918 et 1939-1945 comme étant des conflits mondiaux. Certains historiens considèrent la Guerre de Sept Ans (j’assume les majuscules) comme une sorte de guerre mondiale, ce qui me paraît quelque peu contestable. C’est à la suite de cette guerre, qui a mis aux prises plusieurs grands empires européens, que la France a cédé le Canada à la Grande-Bretagne.

La plupart des ouvrages et rédacteurs s’entendent pour écrire le nom des deux guerres mondiales avec majuscule. Il y a bien, ici et là, quelques esprits minimalistes qui veulent supprimer la majuscule de tous les noms propres, des gens qui, par exemple, écrivent le parti communiste. Ces personnes écriront la première guerre mondiale comme s’il s’agissait de la trompette du musicien.  Je m’élève contre ce réductionnisme absurde, qu’on ne voit pas dans les langues sœurs comme le portugais, l’espagnol ou l’italien.

J’ai déjà dénoncé ce réductionnisme dans un précédent article sur les noms des périodes historiques.

Bien entendu, la Première Guerre mondiale ne s’est pas appelée ainsi d’emblée. À l’époque, on croyait et on espérait que l’humanité ne serait pas encore assez folle pour se lancer dans une autre boucherie du genre. C’est pourquoi ce nouveau conflit a été baptisé la Grande Guerre, avec deux majuscules. Les règles tatillonnes sur l’emploi des majuscules étaient respectées.

Normalement, le mot guerre s’écrit en minuscule et l’élément déterminatif qui suit doit prendre la majuscule initiale, s’il s’agit d’un substantif. On dira la guerre du Péloponnèse, la guerre d’Indépendance américaine. Mais si le mot guerre est suivi d’un simple adjectif, alors aucune majuscule nulle part. Sidérant. Ainsi : la guerre froide.

Alors pourquoi la double majuscule dans la Grande Guerre? Tout simplement parce que l’adjectif précède le substantif et qu’il fait partie intégrante du nom. On ne pourrait, par exemple, écrire lénorme guerre. Le mot Grande n’est pas fortuit, il fait partie du nom.

Je vous laisse mesurer toute l’ineptie de ce genre de distinction.

Il y eut malheureusement un second conflit mondial. On abandonna l’appellation Grande Guerre pour parler de la Première Guerre mondiale. Quant à la suivante, elle fut qualifiée de Deuxième Guerre mondiale. Pendant longtemps, cette appellation a été décriée, certains argüant que le mot deuxième laissait entendre qu’il y en aurait une troisième. Ils préféraient donc le terme Seconde Guerre mondiale.

Certains rédacteurs, traducteurs et grammairiens débattent encore de la question. Voici ce qu’en dit Le Petit Robert : La règle selon laquelle deuxième s’emploierait lorsque le nombre des objets dépasse deux, et second lorsqu’il n’y en aurait que deux, est selon Littré « tout arbitraire », mais observée cependant par certains puristes.

Assez drôle de voir un dictionnaire en citer un autre…

Joseph Hanse, dans son Nouveau Dictionnaire des difficultés du français moderne, tranche la question : Jamais la langue n’a fait couramment entre les deux (deuxième et second) la distinction que des théoriciens ont voulu établir.

Par conséquent, les deux appellations Seconde Guerre mondiale et Deuxième Guerre mondiale sont aussi valides l’une que l’autre.

On remarquera, toutefois, qu’une désignation générique, qui s’écarte des termes consacrés, ne prendra pas de majuscule. Ainsi :  Les deux conflits mondiaux ont fait des dizaines de millions de morts.

Élections et anglicismes

Le Canada ira aux urnes le 19 octobre, mais il n’ira pas en élection, un calque de l’anglais. Dans le merveilleux monde de la politique, et des élections, les anglicismes pullulent, comme partout ailleurs.

Le prochain gouvernement aura un mandat de quatre ans. Il serait erroné d’écrire « la prochaine administration aura un terme de quatre ans. »

Le gouvernement sortant n’a pas dissous le Parlement, pas plus que le premier ministre, d’ailleurs. Cette prérogative revient au gouverneur général, qui représente la reine dans notre pays. Seule le gouverneur général a le pouvoir de déclencher un scrutin et, par la suite, de désigner le premier ministre.

Toutefois, le gouvernement aurait pu être renversé au Parlement par un vote de censure, de défiance ou de blâme. L’expression vote de non-confiance est un autre calque de l’anglais.

Le Parlement examine les projets de loi. Ils peuvent faire l’objet d’amendements, avant d’être adoptés. En français, on amende un projet de loi mais on modifie une loi. Amender une loi est un autre anglicisme.

Au Parlement, il y a deux catégories de députés : ceux d’arrière-ban (et non d’arrière-banc), communément appelés backbenchers. Ceux qui siègent dans les premières rangées s’appellent des députés de premier rang, désignés en anglais sous le nom de frontbenchers.

On compte aussi deux catégories de ministres : les ministres influents ou de premier plan, souvent appelés ministres séniors par ceux qui ont perdu leur français; les ministres moins importants, ceux de second plan, de second rang, sont affublés du titre un peu dérisoire de ministres juniors. Portent-ils la culotte courte?

Le caucus des députés de chaque parti se réunit à huis clos, belle expression française déclassée par l’affreux derrière les portes closes.

Les députés ne passent pas les lois, mais les adoptent. Avis (encore une fois) aux journalistes : une loi n’est PAS une législation. Un ensemble de lois est une législation dans un domaine précis.

Enfin, les députés commettent un anglicisme quand ils répètent « Ce gouvernement… ». Un autre calque de l’anglais. En français, on dénonce LE gouvernement.

Des Russes ethniques?

Le conflit en Ukraine met en lumière l’existence de minorités russes en Ukraine. Elles sont regroupées en Crimée, que vient d’envahir la Russie, et dans la partie orientale du pays, où sont situées des villes comme Kharkiv et Donetsk. Les Pays baltes comptent aussi des minorités russes.

En anglais, on parle d’ethnic Russians, que l’on ne doit absolument pas traduire par Russes ethniques. 

Car, à son compte-là, les Ukrainiens sont aussi ethniques. Je m’explique.

En français, est ethnique ce qui est relatif à une ethnie. En anglais, le mot a pris un sens très différent et désigne les personnes appartenant à une minorité ethnique. Donc, les ethnic Russians sont les Russes de souche vivant en Ukraine.