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Doubles consonnes

L’apprentissage du français n’est pas une sinécure. L’orthographe pose une série de problèmes à cause des innombrables illogismes dont est parsemée notre langue.

J’ai déjà évoqué le cas des couples mal assortis, comme donner et donateur, souffler mais boursoufler. L’Académie a proposé en 1990 de faire un peu de ménage de ce côté, mais la résistance bétonnée devant ces timides rectifications n’a pas permis de faire les progrès souhaités.

Car tout le monde finit un jour ou l’autre par tomber dans le piège en écrivant donnateur. La logique la plus élémentaire nous mène pourtant dans un cul-de-sac.

Cet exemple met en lumière le problème épineux que constitue le doublement des consonnes. Les mots suivants s’écrivent avec la double consonne :

Littérature

Dictionnaire

Aggraver

Raisonner, résonner (dont le substantif est… résonance)

Les trois premiers mots donnent en anglais literature, dictionary et agravate. Imaginons maintenant qu’une rédactrice écrive litérature, dictionaire, agraver. Le lecteur pressé ou peu attentif n’y verrait que du feu, car nous lisons des mots entiers, et non des lettres.

Dès lors, une question se pose : serait-il concevable d’écrire ces mots sans double consonne? Le sens serait-il perdu? Non.

Est-il plus logique d’écrire littérature avec deux t qu’avec un seul? Non plus.

L’élimination des doubles consonnes simplifierait considérablement l’orthographe française.

Bien entendu, on n’en est pas là. La simple suppression de l’accent circonflexe sur le u et le i a enflammé l’Hexagone, alors…

Certains accuseront l’auteur de vouloir jeter par-dessus bord le merveilleux héritage de notre langue, de faire fi des traditions séculaires du français. Eh bien justement non.

Il ne s’agit pas de transformer le français en langue phonétique; ce serait aller trop loin et on ne s’y reconnaîtrait plus. Mais une simplification de l’orthographe serait la bienvenue.

Or, l’orthographe du français s’est graduellement simplifiée au fil des siècles. Il est même plus simple que l’anglais, dans lequel les lettres changent sans cesse de prononciation.

Un petit coup de plumeau du côté des doubles consonnes serait le bienvenu.

Je revêts mon armure et attend vos commentaires…

 

Parler tout croche



« Cette théorie-là c’est de la bouette. »

Voilà ce que j’ai entendu dans une enceinte universitaire. Une étudiante au doctorat, en rédaction de thèse, qui agit comme chargée de cours.

L’ennui, c’est qu’elle s’exprime comme une caissière de supermarché sans instruction. Son langage est ponctué de mots anglais, elle multiplie les solécismes.

Quelques exemples :

  • Les troubles que je vais parler.
  • Vous allez le voir au niveau de certaines lectures.
  • Il a écrit une genre de publication médicale.
  • C’est pas des questions qui va être dans l’examen.
  • À côté de la track.
  • Ça m’a pitchée en bas de ma chaise.
  • À ce que je sais…

Non, vous n’êtes pas chez Wallmart; vous assistez à un cours d’université.

Ce genre de parlure, on l’entend quotidiennement au Québec… dans la rue. Dans le langage populaire, on dit qu’une personne parle tout croche. Une fricassée d’anglicismes bruts et une syntaxe triturée, tristes témoignages du délabrement de la langue chez nous.

Certains diront que ce n’est pas nouveau, qu’au Québec on s’est toujours exprimé ainsi, du moins dans les classes populaires. Mais à l’université?

Cette professeure n’est pas idiote, puisqu’elle termine son doctorat; elle n’est pas ignorante non plus. Ses propos sont très sensés, elle maîtrise sa matière.

Le problème n’est pas là. La première question qui me vient à son sujet est : comment se fait-il qu’une femme qui poursuit des études supérieures parle aussi mal? On peut comprendre qu’elle ait certaines déficiences en français. Elle n’est pas la seule. Mais quand même.

L’autre question est beaucoup plus préoccupante. Comment se fait-il qu’une femme de son calibre n’ait aucun souci de la qualité de la langue, alors qu’elle donne un cours à une soixantaine d’étudiants? Comment en sommes-nous arrivés là?

Ce débraillage décomplexé, nous l’avons vu ailleurs. Il sévit depuis longtemps et se propage sans cesse. Les humoristes en font leur plat quotidien (au fait, nommez-moi un humoriste qui s’exprime bien). Il est courant dans des médias privés, il envahit les ondes de la télé et de la radio d’État. Plus rien ne semble l’arrêter. À preuve cette animatrice radio-canadienne : « Toute l’affaire a fait pouette-pouette. »

Ce n’est pas tant que le français est mal enseigné au Québec. Plusieurs générations ont été sacrifiées sur l’autel des expériences de pédagogie. Mais le problème n’est pas là. C’est une question d’attitude devant la qualité de la langue.

Au Québec, bien parler a toujours été mal vu.

Je me permets de citer le regretté Gil Courtemanche :

Pour résumer, disons que nous défendons l’espace francophone en Amérique mais que nous nous foutons du français. La société québécoise a toujours entretenu une sorte de rapport schizophrène avec sa langue maternelle. (…) C’est la langue des Français de France, celle de l’élite et des intellectuels. Et nous. Québécois, parlons et écrivons à notre manière.

Et l’écrivain de poursuivre :

Je viens d’une famille de la classe moyenne où on était fier de sa langue : pas de l’accent français, mais du français. Écolier, je découvris rapidement que le français correct n’était pas un atout dans une cour d’école. Si je ne parlais pas comme une « tapette », je parlais comme un intellectuel, terme encore méprisant dans son acception québécoise.

Je trouve profondément triste qu’une enseignante d’université soit tellement imprégnée de cette mentalité qu’elle serait sans doute très irritée si on lui faisait des remarques sur sa parlure effilochée.

Pour moi, elle symbolise le rapport fucké que nous avons avec le français.

J’espère pour elle que sa thèse sera mieux rédigée, parce que sinon, cette doctorante sera vraiment dans la bouette.

Bonjour/Hi

La ministre responsable des anglophones du Québec, Kathleen Weil, s’insurge contre la motion votée à l’Assemblée nationale dénonçant le fameux « Bonjour/Hi », que l’on entend de plus en plus dans les commerces du centre-ville de Montréal.

D’après la ministre, cette motion est une insulte à l’endroit de tous les Anglo-Québécois. Saluer d’éventuels interlocuteurs anglophones dans leur langue est tout simplement une marque de respect.

Pour aborder ce problème délicat, il faut essayer de mettre de côté nos émotions de francophone.

Les anglophones habitent le Québec depuis plus de 250 ans. Montréal est leur ville autant que la nôtre; ceux qui ont fui vers Toronto après l’adoption de la Charte de la langue française, en 1977, étaient les personnes les plus ouvertement hostiles au caractère français de Montréal. Bon débarras.

Ceux qui sont restés n’étaient pas nécessairement des francophiles. Un certain nombre n’a pas renoncé aux attitudes rhodésiennes de race supérieure que l’on observait dans la métropole jadis. Mais force est de constater que la plupart parlent maintenant le français, ou le comprennent à tout le moins. J’ose penser que beaucoup d’entre eux savent qui est Gilles Vigneault.

Et comme nous, ils se languissent de voir les Canadiens redevenir l’équipe de rêve de jadis et enfin remporter une autre coupe Stanley. Comme nous, ils pestent contre les cônes orange, le trafic infernal, le métro bondé, l’hiver, etc. Ils nous ressemblent étrangement, vous ne trouvez pas? Et ils nous ont donné Leonard Cohen…

Si les anglophones quittaient Montréal, nous y perdrions tous. Ils méritent notre respect.

Le principal argument invoqué pour défendre le « Bonjour/Hi » est que Montréal est une ville internationale. On y parle une multitude de langues. Il est donc normal d’accueillir les visiteurs par cette formule bilingue. Je serais bien prêt à me rallier à ce genre de raisonnement, sauf que…

Paris est une ville internationale et on y accueille les visiteurs en français; New York est aussi une ville internationale et on accueille les visiteurs en anglais, même si elle est le siège des Nations unies. D’autres villes importantes, comme Genève, Le Cap, Djakarta, Tokyo répondent aux visiteurs dans leur langue nationale.

J’habite la région d’Ottawa depuis une trentaine d’années. La ville deviendra bientôt officiellement bilingue grâce à une décision du gouvernement de l’Ontario. Le maire Jim Watson a toujours refusé de proclamer bilingue la capitale canadienne, sachant que cela signifierait la fin de sa carrière politique. Comme je l’ai relaté dans un article antérieur, il est plus facile de se faire servir en français à Rome ou à Florence qu’à Ottawa.

J’imagine très mal des villes comme Fredericton ou Winnipeg demander aux commerçants d’accueillir les clients par un cordial « Hi/Bonjour », et ce même si le nombre de francophones dans les alentours pourrait aisément le justifier. Si une formule de salutation bilingue est un signe de respect aussi importante, je me demande bien pourquoi les Torontois n’entonnent pas eux aussi la mélodie du bilinguisme…

Saluer les visiteurs par un « Bonjour/Hi » à Montréal serait une belle marque d’ouverture. J’aimerais bien tendre la main à nos compatriotes anglophones de Montréal, mais force est de constater que lorsque les rôles sont inversés, les règles ne sont plus du tout les mêmes.

Lettre à un Français fâché

Voilà deux fois que vous m’apostrophez parce que j’émets des critiques au sujet de la langue française en France. Cette fois-ci, je me permets de répondre plus en détail.

Vous n’avez pas aimé mon article intitulé Pluriel tendance, soit. C’est votre droit. Mais les raisons pour lesquelles vous le faites sont erronées. Vous semblez croire que je me moque de quelques usages français dans lesquels certains mots sont mis au pluriel, alors qu’ils sont au singulier au Canada.

Or, je mentionne très clairement que même si certains pourraient y voir du snobisme, il s’agit en fait d’une illustration de la souplesse du français. Je n’ai jamais avancé que des expressions comme « les urgences » ou « les personnels » étaient fautives. (Je trouve même qu’il y a une certaine logique à mettre urgences au pluriel.) C’est plutôt avec un certain amusement que je constatais que l’usage est différent des deux côtés de l’Atlantique.

Et c’est normal. Lorsqu’un Européen nous reprend de dire carrosse au lieu de landau, je ne prends pas la mouche. Une Camerounaise s’étonnait de ma prononciation ouverte des nasales an, on, in, an. J’ai bien accueilli sa remarque.

Encore une fois, vous me servez une diatribe sur la piètre qualité du français au Canada. Je vous ai déjà dit que vous aviez parfaitement raison. Je le déplore autant que vous.

« Au Canada, les Québécois francophones (pour ne citer qu’eux) ont une fâcheuse tendance (justement !) à ne jamais remettre en question les tournures fossilisées (incorrectes, bancales ou incongrues) calquées sur l’anglais qu’ils utilisent et reproduisent à l’envi sans même s’en rendre compte. Mais bien sûr, cela n’a rien de nouveau. »

Si vous consultez l’index des mes quelque 300 billets, vous constaterez que l’écrasante majorité dénonce le délabrement du français au Canada, avec ses calques syntaxiques, ses solécismes, ses impropriétés. Maintes fois, j’ai souligné l’incapacité tragique des élites (politiciens, artistes, gens d’affaires, communicateurs, etc.) à s’exprimer dans une langue correcte. J’ai éperonné mes compatriotes pour leur paresse à se corriger.

Dans un nombre restreint de billets, j’ai dénoncé les délires anglicisants des Français. (Mon pluriel vous plaît?) Et même si l’état du français au Québec et partout au Canada est désolant, je pense que c’est mon droit de le faire, que cela vous plaise ou non.

Mais le fond de la question, c’est vous êtes agacé que, de temps à autre, j’ose émettre des critiques sur la langue parlée dans l’Hexagone. « Il y a aussi une propension québécoise quasi systématique, dans la sphère langagière entre autres, à prendre de haut – voire à vilipender – les usages des Francophones européens… »

Je ne sais pas exactement qui prend qui de haut dans toute cette histoire. Mais j’ai souvent remarqué que les Européens sont piqués lorsqu’un Québécois a l’outrecuidance de dénoncer certains usages du Vieux Continent, notamment les anglicismes.

Votre réaction n’a donc rien de nouveau pour moi, mais sa virulence étonne.

Le pire, c’est que vous vivez au Canada. Il me semble que vous devriez mieux comprendre ce qui se passe ici. Il y a de bonnes raisons pour lesquelles le français canadien est en si piteux état.

La France a légué sa langue aux Canadiens et Québécois, avant de les abandonner aux Anglais, par le traité de Paris, en 1763. Malgré tout, le français a survécu, écorché, parfois exsangue, mais il est encore bien vivant. D’autres peuples y auraient passé, mais pas nous.

Le français est parlé sur les cinq continents. Il n’est donc plus la propriété exclusive des Français. C’est un trésor collectif que nous chérissons tous, peu importe notre maîtrise de la langue. Autant les Québécois que les Sénégalais, les Vietnamiens ou les Roumains ont le droit de discuter de la qualité du français, que ce soit en France, en Belgique ou ailleurs.

Non, je ne me tairai pas.

Pluriel tendance

Allez-vous aux urgences? Tout dépend si vous êtes au Canada ou en Europe. Car là-bas il est courant de mettre le pluriel. Donc, si avez un malaise soudain, on vous emmènera aux urgences en France et à l’urgence au Canada.

Cette utilisation divergente du pluriel n’est pas unique. Dans le Vieux Continent, on met au pluriel ce qui est au singulier en Amérique. C’est ce que j’appellerai d’un ton badin le pluriel tendance.

La phrase suivante puisée dans un manuel français pourrait surprendre de ce côté-ci de l’Atlantique :

Que vous soyez formateurs de métier ou que vous fassiez partie des personnels à qui l’on demande de diffuser leurs connaissances professionnelles.

Voici d’autres énoncés qui paraîtront naturels dans l’Hexagone mais qui surprendront quelque peu ici :

Le gouvernement de la France assure l’égalité des chances au moyen des aides sociales.

Au Québec, on parle couramment de l’aide sociale.

Les contenus à diffuser dans un cours.

Le contenu voulez-vous dire?

Je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter de ce phénomène. Certains y verront un tic langagier, d’autre du snobisme. Et si ce tandem malicieux singulier-pluriel n’était que l’illustration de la souplesse du français?

Le pluriel tendance se voit aussi au Québec. En voici deux relevés dans Le Devoir du 5 décembre : «Les équilibres de nos sociétés démocratiques sont tributaires de la disponibilité d’informations de qualité.»

L’alternance pluriel-singulier se voit aussi dans la dénomination des matières universitaires. Dans ce cas-ci, cela n’a rien à avoir avec des divergences de discours avec nos cousins d’outre-Atlantique. Ainsi, vous pouvez étudier la science politique, et ce aussi bien à l’Université de Montréal qu’à celle de la Sorbonne. En anglais, on utilise aussi le singulier : political science. Par contre, l’allemand s’endimanche en recourant au pluriel : politische Wissenschaften.

Les choses se compliquent avec la science économique – à moins qu’il ne s’agisse des sciences économiques. Mais les deux appellations de voient.

Il est vrai que la science économique est une discipline singulière qui comporte bien des pluriels.

L’écriture inclusive

La France est déchirée par le débat sur l’écriture inclusive. Au Québec, on a l’impression de revoir un vieux film avec Jean Gabin. En effet, le Québec et le Canada français ont souvent été à l’avant-garde de la modernisation du français, qui passe notamment par la féminisation.

Le Québec a fait figure de précurseur en proposant des titres de professions féminisés, comme ingénieure. Ces propositions ont été conspuées en Europe. Pourtant, quelques années plus tard, tant la France que la Belgique ou la Suisse ont dressé des listes de noms de profession déclinés au féminin. Aujourd’hui, la liste de l’Office québécois de la langue française fait autorité. En voici l’adresse électronique : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?Th=1&th_id=359

L’écriture inclusive

Le modèle proposé tourne autour des propositions faites dans le Manuel d’écriture inclusive, paru chez Hatier, qui reposent sur l’utilisation du point médian, disparu depuis des siècles, pour féminiser l’écriture. Ainsi, nous aurions des étudiant . e. s

On y propose trois conventions :

  • Accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres.

  • User du féminin et du masculin, que ce soit par l’énumération par ordre alphabétique, l’usage d’un point milieu, ou le recours aux termes épicènes.

  • Ne plus employer les antonomases du nom commun « Femme » et « Homme ».

Les auteurs proposent des graphies telles que présidente, directrice, chroniqueuse, professeure, intervenante

Je suis surpris que ces termes choquent en Europe; ils sont pourtant d’usage courant au Québec depuis un bon bout de temps tout comme d’autres formes féminines, d’ailleurs. On peut songer à auteure, députée etc.

Il faut dire qu’il n’y a pas si longtemps dans l’Hexagone, l’ambassadrice, la mairesse ou la sénatrice étaient respectivement la femme de l’ambassadeur, du maire ou du sénateur.

L’Académie française

La Vieille Dame du Quai Conti a, comme bien d’autres voix européennes, dénoncé l’écriture inclusive.

« La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. »

Les académiciens estiment que la langue française est « en péril mortel ». Cette ruée n’a rien de surprenant. Les philippiques visant les rectifications orthographiques de 1990 ont déjà donné le ton, jadis. Entachées de faussetés, parfois délirantes, elles sont encore reprises aujourd’hui.

Les quatre femmes membres de l’Académie sont d’avis que l’égalité des sexes ne passe pas par « le massacre de la langue française ».

Deux éléments ressortent ici.

  1. En Europe, la simple idée de moderniser le français– ne serait-ce que de la façon la plus modérée – est pure hérésie.
  2. Les arguments avancés relèvent le plus souvent d’une émotivité qui empêche toute discussion rationnelle.

En filigrane, on décèle cette idée que le français n’a pas à évoluer. Non, la langue française n’est pas en péril, mesdames et messieurs de l’Académie. Elle évolue, comme elle le fait depuis des siècles. C’est tout.

Le masculin, genre neutre. Vraiment?

On me permettra ce petit rappel.

Le grammairien Beauzée, au XVIIe siècle, proclame que « le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. »

Se fondant sur des principes semblables, l’Académie a veillé à l’éradication de formes féminines comme médecine, autrice.

De nos jours, certains font valoir que le genre grammatical n’a rien à voir avec le genre tout court. Cet argument est fallacieux. Si c’était le cas, pourquoi a-t-on utilisé les termes « masculin » et « féminin »? Pourquoi pas le genre A et le genre B? 

L’Office québécois de la langue française

Au lieu de déchirer leur chemise, nos cousins d’outre-mer auraient intérêt à lire les articles éclairants publiés au Québec sur cette question. Le site de l’OQLF présente une synthèse précise des difficultés que pose la volonté de mettre fin à l’effacement des femmes dans les nomenclatures et les règles de grammaire.

Le lien suivant renferme 24 articles (oui 24!) sur la formation de noms féminins.

La rédaction épicène est régulièrement pratiquée au Canada. Elle vise à donner une visibilité égale aux hommes et aux femmes.

Dans le texte suivant, l’Office déconseille l’utilisation des formes tronquées ainsi que « les innovations orthographiques et typographiques » comme les étudiant(e)s, étudiant-e-s, étudiant/e/s. Il va sans dire que le point médian relève de la même catégorie.

L’Office rejette donc « les innovations orthographiques et typographiques ».

L’emploi d’une note en début de texte pour indiquer que le masculin englobe le féminin est également déconseillé, puisqu’il rend les femmes invisibles… comme c’est le cas depuis des siècles.

L’Office précise : « Elle n’est plus de mise de nos jours puisque la féminisation linguistique est devenue une réalité culturelle. »

Rédiger au féminin et au masculin

Rédiger en tenant compte des deux genres n’est pas simple. Au Québec et au Canada français, l’écriture inclusive a entraîné une prolifération de doublets (les travailleurs et les travailleuses, les Canadiens et les Canadiennes) que d’aucuns jugeront irritante.

Les épicènes, une utilisation judicieuse des pronoms, une reformulation pour respecter les deux genres, voilà des pistes intéressantes à suivre.

Il est clair que la féminisation du français suivra son cours, malgré toutes les oppositions. La réflexion se poursuit, car en 2017 on ne parle plus comme Voltaire ou Racine et on n’écrit plus comme ces deux grands auteurs.

Taon

« J’ai été piqué par un taon. » Nouveau cas d’incompréhension entre Québécois et Européens. Tout d’abord l’interlocuteur d’outre-mer ne comprendra pas de quoi il retourne, puisque le Québécois prononcera le mot ainsi : « J’ai été piqué par un ton. »

Un changement de ton s’impose, en effet. Les Québécois ignorent que le mot taon se prononce de la même manière que paon ou faon.

Ensuite, il y a confusion quant à l’identité de l’insecte. Un Européen verra une grosse mouche noire qui pique. Ce qu’on appellerait ici une mouche à chevreuil.

Mais ce qui m’a piqué n’est rien d’autre qu’un bourdon. Ce mot est rarement employé sous nos latitudes.

Dans un article précédent, j’avais parlé des définitions parfois surprenantes attribuées aux mots français en terre d’Amérique. Par exemple, je pourrais vous dire que j’ai été choqué quand le bourdon m’a pris en chasse avant de me planter son dard dans le cou.

Non, je ne me suis pas évanoui; j’étais fâché.

Parfois, le Québécois se choque après quelqu’un (par exemple un Européen qui feint de ne pas comprendre ce qu’il dit). Ne vous demandez pas quelle mouche l’a piqué.

Turluter

Les Québécois aiment turluter. Si, si. Ils offrent même des gâteries en cadeau lorsqu’on les invite à la maison.

Les routes du Québec sont parsemées de nids-de-poule; ce qui explique que les passagers arrière des autos se branlent parfois. Il arrive aussi que le chemin soit barré.

Les lecteurs européens sont sans doute éberlués en lisant ces quelques phrases.

Le français d’Amérique a évolué d’une manière différente après la coupure que fut le Traité de Paris, en 1763, qui a marqué la rupture entre la France et sa colonie de Nouvelle-France, qu’on appelait déjà Canada.

Certains mots, on le voit, on pris un sens différent.

La turlute est une manière particulière de chanter. Turluter signifie donc chanter et n’a rien à voir avec un acte sexuel. Même chose pour gâterie. Au Canada, branler peut vouloir dire bouger ou encre hésiter. La forme pronominale peut elle aussi susciter la confusion…

L’ancien français imprègne encore la langue française des Nord-Américains. Les habitants de certaines régions françaises comprendront aisément la phrase suivante : « Paul ne se rappelle plus où il a serré ses lunettes. » Le verbe marier peut signifier donner en mariage. Mais, au Québec, il est employé couramment pour dire qu’untel a épousé unetelle. « Patrick a marié Audrey. » Audrey étant l’épouse et non la fille.

Autre reliquat de l’ancien français : garde-robe. Chez nous, il s’agit surtout du placard où l’on range les vêtements, bien que le sens plus courant « Ensemble des vêtements d’une personne. » (Robert) se voie aussi.

Au chapitre de l’ancien français, on notera le nom des repas, source infinie de confusion entre Européens et Canadiens. Les Européens francophones qui s’établissent au Canada sont toujours un peu surpris d’entendre leurs nouveaux compatriotes parler du souper. Ici, on soupe vers dix-huit heures… et pas nécessairement après un spectacle.

Les Québécois sont en bonne compagnie pour faire bombance : les Africains, Belges, Suisses appellent souper leur repas du soir.

La confusion s’intensifie lorsqu’un Français d’origine parle d’aller déjeuner. Le Canadien s’imagine qu’il veut aller prendre… le petit déjeuner, car pour lui, le repas du midi c’est le… dîner. Le sens européen de petit déjeuner (matin) et de déjeuner (midi) se voit aussi en Amérique, mais il est plus rare. Par ailleurs, le verbe dîner n’a résolument pas le sens de prendre le repas du soir. Au Canada, on dîne à midi.

Le français québécois est parsemé d’impropriétés qui ne manqueront pas de surprendre nos amis francophones. Un cabaret est un plateau pour transporter les plats, et non une boîte de nuit. Plusieurs est continuellement employé au sens de beaucoup, même dans les médias réputés.

Les amateurs de jeux de cartes seront étonnés d’entendre un joueur annoncer qu’il va piger une carte. Le Canadiens tombera des nues lorsque son adversaire européen dira qu’il veut en piocher une.

Piger : mesurer avec une pige; comprendre, nous disent les dictionnaires. Au Québec, le verbe signifie prendre une carte.

Piocher : Remuer avec une pioche; travailler dur. C’est ainsi qu’on comprend ce verbe au Québec. Le sens de prendre une carte est inusité ici.

Churchill disait que les États-Unis et la Grande-Bretagne sont deux pays séparés par une même langue. Les divergences entre le français nord-américain et celui de l’Europe sont donc tout à fait normales.

Le trait d’union

Trait d’union devrait-il prendre un trait d’union? Que diriez-vous de trait-d’union?

En fait, combien d’entre vous auraient tiqué en lisant cette dernière graphie? Beaucoup auraient douté, certes, mais cette graphie serait quand même logique, avouez-le.

À quoi sert le trait d’union?

Tout d’abord, il ne faut pas le confondre avec le tiret. Comme le signale Bescherelle, dans Le français pour tous, « Le trait d’union est un signe qui sert à réunir des mots, soit pour montrer qu’ils ont un lien dans la phrase, soit pour indiquer qu’ils forment ensemble un seul mot composé. »

Le trait d’union s’utilise notamment dans les inversions entre le verbe et le pronom sujet.

Il faudrait simplifier le français, n’est-ce pas?

Faut-il confier la traduction à des machines?

On en insère entre le pronom et le verbe à l’impératif.

Allons-y maintenant.

On l’utilise aussi pour les adverbes de lieu et de temps avec ci et .

Ces jours-ci, cet homme-là est fatigué.

Le trait d’union est fréquent dans les noms d’immeubles, de ponts, les odonymes.

L’immeuble Jules-Léger

L’aréna Maurice-Richard

Le pont Jacques-Cartier

La rue Sainte-Catherine

Certains adverbes, comme entre-temps, exigent le trait d’union; toutefois, la nouvelle orthographe admet la soudure : entretemps.

Noms composés

La question du trait d’union amène celle des noms composés. Nous entrons dans un univers complexe. Ainsi, mi, demi et semi exigent le trait d’union.

Mi-chemin, demi-journée et semi-remorque.

Les mots composés avec non prennent aussi le trait d’union, mais pas les adjectifs.

La non-conformité d’un document, et un document non conforme.

Comme le signalent les Clefs du français pratique, bon nombre de concepts exprimés par deux ou plusieurs mots prennent le trait d’union.

Mot-clé

Chez-soi

Tente-roulotte

Nid-de-poule

Malheureusement, l’utilisation du trait d’union dans les noms composés suit une logique pour le moins échevelée. Certains préfixes sont toujours soudés, d’autres le sont généralement. En clair, le langagier va finir par buter sur des exceptions. Donc, assailli par le doute, il devra fréquemment tourner les pages de son dictionnaire.

Les rectifications de l’orthographe de 1990 ont mis un peu d’ordre dans les écuries, mais encore faut-il qu’elles soient appliquées. Un tableau récapitulatif dans la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française donne un bon aperçu des changements intervenus. Le trait d’union sert surtout à éviter des hiatus.

Illogismes

Comme je l’ai souvent mentionné dans mes billets, l’orthographe française est souvent un spectacle de haute voltige à l’enseigne de l’arbitraire, d’erreurs passées dans l’usage et d’illogismes.

Nous avons vu que la graphie trait-d’union est erronée. Mais on aurait pu en décider autrement et suivre le modèle de point-virgule et deux-points.

Prenons un autre cas. Vous faites le procès-verbal d’une réunion pour ensuite en rédiger le compte rendu. Voilà pourtant deux mots semblables dont la graphie diverge.

Entretemps, la Terre continue de tourner. Pardon ! On écrit maintenant entre-temps. La première graphie est pourtant utilisée par Racine. La nouvelle orthographe la reprend.

Tout le monde sait que sur-le-champ, c’est-à-dire s’écrivent avec le trait d’union. Mais certaines locutions amènent leur lot d’interrogations. On écrira au-dessous et par-dessous, mais attention à en dessous.

Dans la même veine, on ne pas confondre un a priori avec un à-propos. Vous voilà averti.

Les locutions adverbiales et prépositives donnent des mots de tête à tout francophone bien portant, même le plus érudit. Surtout lorsque certaines d’entre elles acceptent aussi bien le trait d’union que son absence : Au delà et au-delà. Pensons aussi à par-delà, qui perd son trait d’union dans Nietzsche Par delà le bien et le mal. Si le célèbre philosophe allemand a perdu la raison, c’est peut-être parce qu’il a tenté de percer de la logique grammaticale du français…

Pourquoi pas un trait d’union?

Nous avons vu mot-clé, faisons maintenant connaissance avec mots croisés qui aurait très pu s’écrire mots-croisés. Les termes suivants ne prennent pas non plus le trait d’union. Pourtant, ils désignent bel et bien un concept, un mot d’un seul tenant.

Parti pris

Moyen Âge

Quant à soi

La liste pourrait s’allonger. En passant, on écrit quant-à-soi…. Vous l’aviez sans doute remarqué.

Rectitude politique

La rectitude politique…

Tout le monde en parle, certains la dénoncent à leurs risques et périls, mais combien tentent de la définir?

Ses retombées sur la langue courante sont considérables, pour le meilleur pour le pire. Pour le meilleur parce que bien des expressions insultantes sont bannies du vocabulaire; pour le pire parce que tout le monde sans exception finit par s’autocensurer. La crainte du faux pas est une obsession palpable tant dans le discours public que dans les conversations privées.

Dans cet article, je me pencherai sur le côté linguistique de la rectitude politique.

Définition

On peut aisément circonscrire le phénomène. Éviter, adoucir ou changer toute formulation pouvant heurter un certain public, notamment quand il est question d’ethnies, de cultures, de religions, d’infirmités, de classes sociales ou de préférences sexuelles.

« Vaste programme », aurait dit de Gaulle.

Les anglophones appellent la rectitude politique political correctness. On parle parfois de propos politiquement corrects en français. Il s’agit évidemment d’un calque.

Intégration

La rectitude politique est tellement intégrée dans le vocabulaire courant, qu’on tend à l’oublier. Sa manifestation la plus frappante est la féminisation des titres, qui, bien sûr, relève aussi du féminisme. Terme qui, en soi, ne devrait pas être considéré comme péjoratif, quoi qu’en pensent certaines femmes.

Le Québec a été à l’avant-garde de la francophonie en dressant une liste féminisée des titres de professions. Les pays francophones européens ont par la suite emboîté le pas. Seuls certains académiciens protestent encore…

La neutralisation de certains termes constitue un phénomène secondaire :

Chairperson pour chairman

Native American pour Indians

African Americans pour Blacks

Le français a lui aussi cheminé, puisque président a été féminisé en présidente; Autochtones a remplacé Indiens et Afro-Américain désigne les Noirs des États-Unis.

Les Noirs

Il va sans dire que les termes negro et nègres ne sont pratiquement plus employés. Jadis, le mot nègre constituait déjà une avancée, car il remplaçait sauvage. Au Canada, c’est ce mot que l’on employait pour désigner les Autochtones, d’ailleurs récemment rebaptisés Indigenous en anglais.

Le Robert précise que nègre est un « terme raciste, sauf s’il est employé par les Noirs eux-mêmes ».

Certains lui ont substitué l’expression personnes de couleur. Ce n’est pas un choix très heureux. Un Marocain, un Bangladais peuvent être considérés comme des personnes de couleur. Pourtant, ce ne sont pas des Noirs.

D’ailleurs, parler des Noirs est-il plus insultant qu’employer des mots comme Asiatiques, Caucasiens, Sud-Américains ?

Le ridicule ne tuant pas, on parle maintenant des blacks en Europe francophone…

Le monde médical

L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on. Bon nombre d’expressions employées il y a une quarantaine d’années étaient franchement blessantes. Que l’on pense aux personnes souffrant de déficience intellectuelle : malades mentaux, handicapés mentaux, arriérés, débiles, mongoliens, mongols, déséquilibrés, malades, etc.

À présent, on parle de personnes souffrant de déficience intellectuelle, de déficients intellectuels.

L’appellation scientifique de trisomique est moins percutante que ce qu’on entendait il y a quarante ans, mais elle ne couvre pas tout le spectre des maladies mentales. Signe des temps, des appellations comme hyperactif, autiste, asperger sont apparues. Les personnes que l’on qualifiait de maniaco-dépressives sont maintenant appelées bipolaires.

Moins défendables sont les expressions qui évacuent des termes non offensants. On y voit l’empreinte de la bureaucratie. La liste s’allonge sans cesse…

Aveugle – non-voyant, malvoyant

Sourd – malentendant

Infirme – personne à mobilité réduite

Handicapé – personne handicapée

Patient – bénéficiaire

Amis, famille – aidants naturels

Cancer – longue maladie

Hôpital – centre hospitalier, pire : CISSS

Hospice – CHSLD

Beaucoup de gens veulent bannir le verbe souffrir pour le remplacer par un autre soi-disant plus neutre : avoir. Vous ne souffrez plus du cancer, du diabète, vous avez le cancer, vous vivez avec le diabète.

Une transformation radicale du vocabulaire

La peur d’insulter, d’exclure un groupe de personnes prend une ampleur démesurée. Au point où l’on assiste à un lessivage en règle du vocabulaire. Pour certains, le but est d’épurer le vocabulaire de toute trace réelle ou perçue de préjugé. Pour d’autres, la rectitude politique ne connaît plus de limite et étouffe la liberté d’expression.

Les exemples suivants illustrent à divers degrés ce phénomène :

Chômeur – sans-emploi, chercheur d’emploi

Misère, pauvreté – dénuement, exclusion

Avortement –interruption volontaire de grossesse

Mensonge – contre-vérité, demi-vérité

Réfugié – demandeur d’asile (qui n’est pas un synonyme véritable)

Vagabond, clochard – itinérant, sans-abri

Pornographique – au contenu explicite, pour adultes

Prostituée – travailleuse du sexe

Personnes âgées – troisième âge, aînés

Obèse – personne enveloppée, personne ayant une surcharge pondérale, personne épanouie (!)

Bien entendu, toutes ces substitutions ne sont pas à condamner, notamment lorsqu’elles permettent l’introduction de néologismes créatifs comme itinérant. Mais elles relèvent sans conteste du phénomène plus vaste de la rectitude politique.

L’orientation sexuelle

S’il est un domaine dans lequel les insultes pullulent, c’est bien celui de l’orientation sexuelle. Oublions les termes les plus dégradants que nous connaissons tous.

L’avancée la plus marquante à ce sujet est l’avènement du terme gai, bien sûr orthographié à l’anglaise en Europe.

Peu de gens en connaissent l’origine. San Francisco est depuis longtemps La Mecque des homosexuels. Lorsqu’une personne voulait entrer en contact avec ses semblables, elle demandait à un passant s’il connaissait un endroit gai. C’était une question codée. Les initiés en comprenaient immédiatement le sens réel. À la longue, le mot gai en est venu à désigner les homosexuels. Le terme lesbienne a en partie disparu au profit du féminin gaie, bien qu’on le voie encore.

Depuis, on essaie à tout prix de couvrir le spectre complet de la diversité sexuelle. Ainsi prolifèrent les transgenres, les bisexuels, les personnes en questionnement, etc. Autant de réalités que les anglophones ont tenté de rassembler sous le sigle abominable de LGBTQ2… Nouveau délire de la siglite aiguë qui a fait l’objet d’un billet dans ce blogue.

D’ailleurs, les néologismes prolifèrent dans le domaine : queer, two-spirited, questioning, intersex, asexual, ally, pansexual, agender, pangender, gender variant, etc.

En français, pour mettre de l’ordre dans cette écurie d’Augias, on commence à parler d’intersexualité. À suivre.

Mais c’est l’évolution du mot genre qui demeure la plus intéressante. L’anglais gender a fini par influencer le français, et ce pour les bonnes raisons. Le Robert définit genre de la manière suivante : « Construction sociale de l’identité sexuelle. »

Ce néologisme – certains crieront à l’anglicisme – vient nuancer le français. L’adjectif sexuel était quelque peu maladroit pour traduire certaines expressions. Pensons à gender issues, gender specialist, etc.

Conclusion

Que retenir de tout cela? Que les langues évoluent, certains mots prenant la poussière, d’autres épousant de nouveaux sens. Les dictionnaires sont remplis de mots qui ont fini par suivre un cours nouveau. En outre, les néologismes soulèvent parfois la controverse avant d’être adoptés.

On ne peut cependant manquer de relever un certain appauvrissement du vocabulaire quand des mots neutres sont jetés aux ordures et remplacés par des expressions plus vagues.

Il faut rester vigilant et dénoncer ces dérives, même au risque d’essuyer les critiques offensées de certains.