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Lusophone

Non, ce n’est pas un instrument de musique! Certains se souviendront de cet article dans lequel j’énumérais le nom des locuteurs de telle ou telle langue. On y découvrait, sans doute avec surprise, que les personnes parlant le portugais sont des lusophones.

Ce mot vient de Lusitanie, nom que portait le Portugal au temps des Romains.

Le Portugal a été jadis une grande puissance coloniale. Des pays comme le Brésil et l’Angola sont lusophones. Bien sûr, le portugais qu’on y parle s’est affranchi de la mère patrie, de la même manière que l’espagnol des Argentins est différent de celui de l’Espagne.

Le portugais est une langue latine, tout comme l’espagnol ou l’italien. Ces deux dernières langues ont eu une influence considérable sur le français, mais le portugais a aussi laissé son empreinte chez nous.

Marmelade

Vous mangez de la marmelade? Vous êtes lusophone d’adoption! Le mot vient en effet du portugais marmelada, qui n’est rien d’autre qu’une confiture de coings. Pourtant, en français, la marmelade est une confiture à base de m’importe quel fruit, tandis qu’en anglais il s’agit d’une confiture d’oranges…

Le plus étonnant est que le marmelada portugais dérive du latin melimelum, qui désigne une sorte de pomme douce…

On voit donc, encore une fois, que les emprunts à d’autres langues s’acclimatent de manière surprenante et voient leur signification changer.

Les emprunts au portugais

Le Portugal n’a pas seulement donné une variété de tartelettes au Nouveau Monde… (Les Québécois comprendront l’allusion.) Quelques emprunts viennent du monde maritime : caravelle, sargasses, vigie. D’autres touchent la gastronomie : curaçao, pintade, porto et, si vous en mangez, cobra et zèbre.

Notre ignorance de l’apport du portugais est embarrassante (mot d’origine lusitanienne).

Impliquer

Impliquer est un verbe courant qui a connu une mutation intéressante au fil des siècles. Il est passé d’un sens péjoratif à un sens positif, revêtant même la cape du verbe réflexif pour se donner plus d’éclat.

Ce qui est le plus étonnant, c’est que les deux sens cohabitent dans une relative harmonie. Pourtant, le verbe continue de faire grincer les dents de bien des langagiers.

Sens traditionnel

Au départ, c’était clair, impliquer signifiait – et signifie toujours – être engagé dans une affaire fâcheuse, souvent judiciaire.

Être impliqué dans un scandale de corruption.

Balzac l’employait dans ce sens, comme le signale Le trésor de la langue française. L’usage allait évoluer.

Avoir comme conséquence

Le verbe a pris une tournure beaucoup plus neutre, puisqu’il peut marquer une conséquence logique.

Entrer en politique implique de faire de nombreux sacrifices personnels.

Le Trésor mentionne aussi un emploi pronominal au sens de s’entrainer logiquement.

Toutefois, la forme pronominale contemporaine a pris une autre signification.  

S’impliquer

Votre voisin s’implique dans le scoutisme. Est-ce une faute? Pour bien des gens, oui. À leurs yeux, le sens d’impliquer est détourné et il serait préférable de dire s’investir.

Cette tournure a pénétré l’usage à un point tel que le Multidictionnaire du français l’accepte sans restriction. Il en va de même pour le dictionnaire québécois Usito. En outre, la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française ne le condamne pas non plus. Elle affiche l’exemple suivant :

Marie-Noëlle compte s’impliquer dans l’association étudiante de son école.

Même le Larousse y met du sien :

Mettre beaucoup de soi-même dans ce qu’on fait : S’impliquer dans son travail.

Une forme fautive

Lorsque le verbe signifie « être concerné par quelque chose », dans un sens non péjoratif, il doit être remplacé par toucher, intéresser, concerné.

Les personnes touchées par cette décision peuvent s’adresser au directeur.

Enjeu

Dans un billet précédent, je faisais état de la mort par strangulation du mot problème. Mot auquel a succédé défi, petite mutation jovialiste d’un terme vraiment trop négatif en cette époque de javellisation du vocabulaire.

Mais nous assistons à la relève de la garde. Les défis s’étant multipliés comme de petits virus malfaisants, les voilà soudain remplacés par des enjeux.

Quelques exemples récents glanés dans La Presse.

« Mais j’espère que l’on va se souvenir en abordant ces enjeux que l’on parle d’humains. » – Rima Elkouri

« Cette incohérence empêche la tenue d’un débat équilibré sur les grands enjeux de notre collectivité. » – Lettre publiée dans le journal

 « Me Smitiuch croit que l’enjeu des débats sera la question des normes de soins pendant une pandémie. » – Dépêche de la Presse Canadienne

« Ce guide devrait traiter notamment de ces enjeux » – Cabinet du ministre de l’Éducation

Le vrai sens d’enjeu diverge de celui de problème. Un enjeu est l’argent que l’on mise au début d’une partie; ce que l’on peut gagner ou perdre dans une entreprise. Un enjeu n’a donc rien à voir avec un problème.

Certains y verront une métaphore que l’on peut s’autoriser par licence poétique. Ce point de vue est évidemment discutable et je ne suis pas du tout convaincu que les scribes de tout acabit versent dans le lyrisme…

Dans le monde actuel, il est de plus en plus difficile d’appeler les choses par leur nom. Cette obsession collective de ne pas froisser qui que ce soit, de ne pas se faire invectiver par la meute déchaînée qui sévit dans les réseaux sociaux, explique cette lâcheté collective qu’on finit par oublier.

Mais, au bout du compte, un problème demeure un problème.

Réouvrir

On parle ces jours-ci de déconfinement et de la réouverture de certains commerces. Ce qui signifie que les commerces vont… rouvrir… réouvrir?

Beaucoup hésiteront, certains corrigeront.

Question fondamentale : le verbe réouvrir existe-t-il? Selon le Robert, il ne semble pas; selon le Larousse si. Le Multidictionnaire le considère comme une impropriété, tandis que l’Usito signale cet emploi critiqué.

Les contempteurs de réouvrir ne semblent pas avoir consulté le Trésor de la langue française, qui le définit ainsi : « Ouvrir de nouveau. Synon. Rouvrir. »  L’Académie cite Gaston Leroux… vous savez le Fantôme de l’opéra?

Condamner réouvrir c’est imposer l’illogisme suivant : on rouvre un commerce, dont on annonce la réouverture dans les journaux. Le mot rouverture, étant banni, même si on rouvre…

Certains voudront maintenir ce petit illogisme, d’autres s’appuieront sur l’usage et citeront le Trésor tout comme le Larousse pour soutenir qu’en français il faut quand même faire preuve d’une certaine rouverture d’esprit. Je sais, c’était facile.

Le sigle COVID-19

L’appellation COVID-19 s’est imposée dans les médias et l’usage populaire. Cet acronyme vient de l’anglais, le d étant l’abréviation de disease.

Petit rappel : un acronyme est un sigle qui se prononce comme un mot. OTAN, UNESCO, UNICEF sont des acronymes, tandis que FAO est un sigle, parce qu’on prononce chaque lettre séparément.

Le ou la?

On peut observer quelques différences entre l’usage canadien et celui de l’Europe. Comme le d indique qu’il s’agit d’une maladie, il est logique de parler de « la COV-19 ». Il est tout aussi logique de dire « le COVID-19 », puisque ce terme pourrait aussi désigner le virus, malgré le d problématique qui renvoie pourtant à la maladie.

Or, le vrai nom du virus est SARS-CoV-2. Pour des raisons évidentes, personne, ou à peu près, n’emploie cette expression. On s’est donc rabattu sur le premier acronyme, qui devient, par la force des choses, polysémique.

Majuscule ou pas?

Au Canada, les sigles comme les acronymes s’écrivent intégralement en majuscule. L’Europe a développé un usage différent pour les acronymes. Ainsi, des appellations comme Otan, Unesco et Unicef sont traitées comme des mots courants. On met la majuscule initiale parce qu’il s’agit de noms d’organisations.

Les acronymes lexicalisés abondent dans notre langue, comme en anglais. Ils se fondent dans le paysage et passent inaperçus. Pensons à radar, qui signifie « radio detection and ranging ». La majuscule a disparu. Idem pour sida, que l’on écrivait au début en majuscule : SIDA. Cette graphie a pratiquement disparu.

L’Académie française recommande non seulement de dire la covid-19, mais elle l’écrit en minuscule. C’est d’ailleurs ce que fait l’hebdomadaire britannique The Economist de Londres écrivent covid-19. Pour l’instant, ils font bande à part. Mais. On peut penser que, dans quelques années, après le Grand Déconfinement, lorsque cette pandémie chinoise sera enfin terminée, on écrira le grinçant acronyme tout en minuscules, pour mieux l’oublier.

Déconfinement

Confinement, rien à redire sur ce mot. Vous vous attendiez à un autre anglicisme, à un calque servile, à une impropriété? Chou blanc.

Le confinement, c’est le fait d’être confiné, de vivre la réclusion, l’isolement

La crise mondiale provoquée par la grippe de Wuhan, dont nous n’avons pas encore mesuré toute l’étendue, a influé sur le vocabulaire. J’ai écrit un article à ce sujet.

Les médias commencent déjà à parler de l’après-COVID-19, ce qu’ils appellent le déconfinement. Nécessité est la mère de l’invention. On le voit pour les masques, on le voit aussi pour le vocabulaire.

Il n’est pas clair si ce terme vient d’apparaitre ou s’il existait déjà. Chose certaine, on ne le trouve pas dans les dictionnaires courants. Mais qu’importe, la langue doit s’adapter à la réalité et, dans un avenir plus ou moins lointain, nous vivrons le déconfinement. Certains médias parlent d’un déconfinement à plusieurs vitesses, d’un déconfinement graduel, accompagné de la fameuse distanciation sociale.

Les langagiers se crêpent gentiment le chignon au sujet de cette distanciation – expression mal formée selon certains –, mais je ne pense pas qu’ils vont renâcler devant le déconfinement.

Celui-ci sera une sorte de désintoxication collective.

Achetons Beaucerons?

Une lectrice me signalait un cas intéressant de juxtaposition. Sur un panneau publicitaire du député de Beauce Samuel Poulin on pouvait lire ce qui suit : «Achetons Beaucerons».

On a vraiment l’impression que les Beaucerons sont à vendre! Pourtant, on dit bel et bien «Acheter local» et non «Acheter locaux». Alors aurions-nous dû lire «Achetons Beauceron»? L’utilisation de la majuscule au second mot ne vient pas nous éclairer. On achète les Beaucerons à l’unité?

La majuscule n’est pas banale. Beauceron est le nom des habitants de la Beauce. Le même mot sans majuscule est un adjectif, sans plus.

Le problème vient du fait que la phrase comporte une ellipse : Achetons (des produits) beaucerons. Toutefois, le résultat final porte à confusion. Le singulier «Achetons beauceron» peut aussi se défendre, parce qu’il amène une autre ellipse : «Achetons ce qui est beauceron». À la rigueur, le mot beauceron prend valeur adverbiale, ce qui justifie le singulier. 

Encore faut-il écrire beauceron sans majuscule, sans quoi le sens change complètement.

Imparfait du subjonctif

Bien des langagiers sont d’avis que l’imparfait du subjonctif est un mode obsolète. D’ailleurs, il a disparu de la langue courante et on peut penser que la plupart des francophones n’ont pas la moindre idée ni de la manière dont on le forme.

Alors faut-il le faire passer à la trappe?

L’espagnol et l’italien

Dans un sens, les francophones ont de la chance. En espagnol ou en italien, l’imparfait du subjonctif n’est pas tombé en désuétude. Ceux qui apprennent ces deux langues doivent s’atteler à un rude apprentissage de conjugaisons « déviantes », du moins pour nous les francophones.

Car l’imparfait du subjonctif s’emploie même dans des phrases interrogatives commençant par si. Là où le français recourt à l’imparfait, le paon italien nous déploie le panache de du subjonctif (très) imparfait.

Si j’avais le temps – Se io avessi il tempo (si j’eusse le temps).

Si tu étais un auteur, tu écrirais des livres – Se tu fossi un scritore, scriverai dei libri (si tu fusses).

Quand le ridicule tue…

En français, il en va tout autrement. Dans les faits, cette forme passée du subjonctif s’est écroulée sous le poids de son ridicule apparent. Le texte suivant d’Alphonse Allais met en relief les allures ronflantes que prend l’imparfait du subjonctif en français :

Ah fallait-il que je vous visse

Fallait-il que vous me plussiez

Qu’ingénument je vous le disse

Qu’avec orgueil vous vous tussiez

Fallait-il que je vous aimasse

Que vous me désespérassiez

Et qu’en vain je m’opiniâtretasse (sic)

Et je vous idolâtrasse.

Pour que vous m’assassinassiez.

Le fait est que le subjonctif dispose de moyens limités dans l’expression du temps. Il n’y a pas de futur en français, alors qu’il existe en espagnol.

En français, ce sont les formes du passé qui posent problème. D’ailleurs, le journaliste André Thérive y allait d’un commentaire lapidaire : seuls les écrivains prétentieux emploient encore le subjonctif imparfait[1]. Pourtant, il y en a encore beaucoup.

Tant dans les journaux que dans les textes littéraires, force est de constater que cette forme du subjonctif a largement disparu.

Mais comment ne pas ressentir un (tout) petit malaise quand le subjonctif présent se substitue à son cousin imparfait? Exemples donnés par Bescherelle :

Je craignais que la tempête ne se lève (levât).

Je craignais que les tuiles ne s’envolent (s’envolassent).

On imagine ces phrases aussi bien dans la langue parlée que dans la langue écrite.

L’imparfait du subjonctif survit

Il survit, certes, mais tout juste.

La traduction française du grand succès L’amie prodigieuse, d’Elena Ferrante, ignore systématiquement l’imparfait du subjonctif.

La traductrice de Ferrante marche sur les traces de Simone de Beauvoir qui, dans les Mémoires d’une jeune fille rangée, écrivait : « Elle parut un peu scandalisée pour que j’y prenne du plaisir et qu’elle les tolérât. » L’écrivaine a voulu éviter un « j’y prisse » qu’elle a peut-être jugé cocasse.

En fait, le subjonctif imparfait survit dans la presse et la littérature en s’accrochant à la bouée de la troisième personne du singulier, particulièrement pour les verbes avoir et être. Au fil de mes lectures, j’ai également repéré çà et là quelques dût, pût, voulût, sût, qui agacent moins que dussions, pussiez, voulussiez ou encore susse.

Malgré tout, il est peut-être trop tôt pour prononcer l’éloge funèbre de l’imparfait et du plus-que-parfait du subjonctif. En effet, encore bien des auteurs l’incluent dans leur panoplie.

Elle trouvait inique que certaines sépultures croulassent sous les fleurs. (Alexandre Jardin, Le zèbre, p.60)

On me l’avait assez refusé pour que j’en connusse la valeur. (Amélie Nothomb, Biographie de la faim, p.132.)

Il serait peut-être plus exact de dire que « certains temps du subjonctif comme l’imparfait et le plus-que-parfait ont à peu près disparu de la langue parlée et sont même fortement concurrencés par l’écrit[2]. »

Mais les formes inhabituelles, pour ne pas dire surprenantes, des formes passées du subjonctif en ont peut-être signé l’arrêt de mort. L’avenir le dira.

Il est clair que le présent fait moins sentencieux que l’imparfait, ce qui explique pourquoi bien des auteurs préfèrent la forme présente, même lorsque le passé s’imposerait. L’imparfait, lui, est désavantagé parce qu’il est boudé dans la langue courante.

Néanmoins, les amoureux de la langue française, comme moi, ne peuvent que ressentir une pointe de nostalgie en voyant l’imparfait du subjonctif s’éclipser. Si seulement il pouvait délaisser son habit de gala et revêtir des vêtements moins bigarrés.


[1] Cité par Grevisse et Goose, Le bon usage., p. 1157.

[2] Ibid.,p.1152.

COVID-19 : le vocabulaire

Je vous invite à consulter l’intéressant lexique de la COVID-19 élaboré par la Terminologie du Bureau de la traduction : ici.

En cette période de pandémie mondiale de la COVID-19, certaines rectifications de vocabulaire s’imposent.

Pandémie et épidémie

À cause de la situation actuelle, nul n’ignore la distinction entre les deux termes. Si une épidémie est une apparition d’un grand nombre de cas de maladie infectieuse dans une collectivité, une pandémie touche une vaste région. Dans le cas de la grippe de Wuhan, comme il conviendrait de l’appeler, la pandémie est devenue mondiale.

Au sujet de l’abréviation COVID-19, on peut se demander si on se serait donné la peine de rebaptiser la maladie si elle était apparue au Congo, par exemple. J’ai bien l’impression qu’on s’en serait tenu à l’appellation grippe du Congo. Mais il ne faut pas froisser les Chinois; ces gens-là veulent sauver la face et, comme le savent les Canadiens, ils prennent des otages.

Plan de contingence

Un bel anglicisme à jeter avec les déchets biomédicaux. En français : plan d’urgence. Le mot contingence n’a pas vraiment le sens d’urgence dans notre langue. Est contingente une chose qui peut se produire ou non.

Dépister

Entendu aux informations d’Ottawa : « Ces personnes n’ont pas encore été dépistées. » Il aurait fallu dire qu’elles n’avaient pas été testées, examinées. On dépiste une maladie, pas des personnes.

Viro-anxiété

Une belle trouvaille sur Twitter. Quand on regarde tous ces braves gens qui dévalisent les supermarchés, il y a lieu de croire que ce néologisme a un bel avenir devant lui.  

Isolation

Anglicisme pour isolement.

Cluster

Un cluster est un groupe de personnes infectées par le coronavirus.

Distanciation sociale

Rendu parfois par éloignement social. Les deux expressions sont correctes. Le fait de se tenir à l’écart des rencontres sociales et de la fréquentation des lieux publics. Le fait aussi de garder une distance d’un mètre avec les autres personnes.

Téléconsultation

Le fait pour un médecin d’offrir des consultations téléphoniques au lieu de rencontrer les patients dans son cabinet.

Déconfinement

Apparemment un néologisme pour définir la fin de l’isolement des populations, après la pandémie.

Priorité

Le mot priorité est particulièrement galvaudé et malmené dans l’usage populaire et journalistique. Il n’est pas rare que l’on parle de priorité absolue, de première priorité.

C’est bien méconnaitre le sens réel du mot en question. Le Larousse :

Fait pour quelque chose d’être considéré comme plus important que quelque chose d’autre, de passer avant toute autre chose

Les deux expressions précitées sont par conséquent des pléonasmes.

Dans cas, est-il possible d’avoir plusieurs priorités? De prime abord, on serait tenté de dire non, si l’on se réfère à la définition du Larousse qui, d’ailleurs, va dans le sens des autres ouvrages consultés.

Pourtant, le Dictionnaire de l’Académie française donne l’exemple suivant : « La rénovation urbaine se développe et le logement des rapatriés apparaît parmi les priorités. »

Il est donc concevable qu’une organisation, par exemple, ait plusieurs priorités. Je dis bien plusieurs au sens propre, donc quelques-unes. On est donc loin d’un texte ministériel délirant, que j’avais eu à traduire, dressant la liste de 60 priorités, divisées en… sous-priorités!

Donc, un gouvernement pourrait avoir un certain nombre de priorités, mais certainement pas une douzaine. À mon sens, au-delà de trois ou quatre on a des objectifs, pas des priorités.