Category Archives: Anglicismes

Derrière les portes closes

L’expression « derrière les portes closes » est abondamment employée un peu partout et personne ne semble y trouver du mal. Les journalistes l’emploient continuellement; un ouvrage de Martine Tremblay porte ce titre; un autre livre, celui- ci de Care Santos, a le même titre, qui est d’ailleurs une traduction.

La popularité de l’expression s’explique en bonne partie par sa limpidité. et par le fait que derrière les portes closes s’inspire de l’anglais behind closed doors. Et comme la frontière entre anglais et français est très ténue au Canada, le calque est rapidement passé dans notre langue, d’autant plus qu’il est clair comme de l’eau de roche.

L’expression française consacrée est à huis clos, parfois écrite à huis-clos. D’ailleurs, les concordanciers bilingues ne s’y trompent pas et proposent cette jolie tournure du français. Le huis, c’est la porte d’une maison, qui a donné naissance à cette locution moderne à huis clos, locution qui a inspiré une pièce de Jean-Paul Sartre. Siéger à huis clos c’est délibérer toutes portes fermées.

On trouvera d’ailleurs la traduction derrière les portes fermées pour behing closed doors. Lorsqu’on tente de cacher quelque chose, on pourra dire qu’on en a discuté en catimini.

Faut-il sortir de ses gonds et claquer la porte au calque derrière les portes closes ? Beaucoup, comme moi, s’en tiendront à huis clos, bel et bien français.

Des périphrases comme « sans en parler à personne », « en toute discrétion », « en cachette », etc. pourront avantageusement remplacer les portes closes devenues autant de portes tournantes vers l’anglais.

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André Racicot vient de faire paraître un ouvrage Plaidoyer pour une réforme du français.  Ce livre accessible à tous est la somme de ses réflexions sur l’histoire et l’évolution de la langue française. L’auteur y met en lumière les trop nombreuses complexités inutiles du français, qui gagnerait à se simplifier sans pour autant devenir simplet. Un ouvrage stimulant et instructif qui vous surprendra.

On peut le commander sur le site LesLibraires.ca ou encore aux éditions Crescendo.

Campagne

La campagne de Donald Le-mot-en-T refuse de concéder la victoire à l’élection présidentielle. Cette phrase parait correcte et pourtant elle ne l’est pas.

Le mot « campagne » possède deux sens précis, le premier étant une région rurale, une vaste étendue de pays plat et vallonné.  On vit à la campagne et non en campagne, puisque dans cette deuxième expression on se réfère à un contexte d’ordre militaire et électoral.

En effet, des soldats sont en campagne lorsqu’ils mènent des actions militaires. Les historiens racontent la campagne d’Égypte de Napoléon Bonaparte.

Au Canada, on pourrait dire : « Du haut de ces bancs de neige quatre cents ans d’anglicismes vous contemplent. »

Car la campagne d’un candidat à une élection est l’ensemble des opérations menées pour se faire élire. Le candidat et son équipe sont alors en campagne électorale. Cependant, le mot « campagne employé seul ne peut désigner tout le personnel qui entoure le candidat. Il faut plutôt parler de l’équipe de campagne.

Imagine-t-on la phrase suivante : « La campagne de Napoléon a décidé de battre en retraite et de quitter la Russie » ?

Dans le cas du président déchu on pourrait donc dire :

L’équipe de campagne de T*** refuse de concéder la victoire; les partisans du président sortant refusent de concéder l’élection, bien que ce terme soit moins précis. Tout dépend de qui on parle.

Chose certaine, il faut éviter cet autre calque grossier de l’anglais. Une campagne ne décide de rien, une campagne n’est pas un ensemble de personnes.

On lira avec intérêt mon article sur le trumpisme.

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Faithless electors

Tout indique que le démocrate Joe Biden sera le prochain président des États-Unis.

Comme je l’ai expliqué dans mon article sur le Collège électoral, ce sont les 538 grands électeurs américains qui élisent officiellement le président des États-Unis. Les personnes dont le nom figure sur les listes présentées par les partis ne sont généralement pas connues du grand public. Ce sont des personnes que les partis cherchent à honorer et à récompenser pour leurs loyaux services au fil des années.

Étant donné les circonstances troubles dans lesquelles s’est tenue l’élection présidentielle de 2020, on peut se demander si les personnes choisies par les partis respecteront leur engagement de voter pour le candidat qu’elles sont censées appuyer. Autrement dit, est-il concevable que des grands électeurs démocrates changent leur fusil d’épaule et votent pour le président sortant, ou encore que des républicains en viennent à soutenir Donald Trump?

Tout dépend des États. Le District de Columbia ainsi que 33 États ont adopté des lois obligeant les grands électeurs à respecter leur parole. Dans certains d’entre eux, le vote dissident d’un grand électeur peut tout simplement être invalidé.

Rappelons que les 538 grands électeurs se réuniront en décembre, dans leur État et non à Washington, pour élire le président. Les votes seront ensuite dépouillés au Sénat et c’est son président, Mike Pence, qui proclamera les résultats…

Traduction

Les grands électeurs qui ne respectent pas leur engagement sont appelés en anglais faithless electors. On appréciera encore une fois la concision de l’anglais. Rendre cette expression d’une manière semblable en français n’est pas de tout repos.

On peut bien entendu recourir à des périphrases : les grands électeurs ayant modifié leur vote, ayant changé d’idée, ayant voté pour un autre candidat, ce qui rend bien le sens de l’anglais.

Ce qu’on appelle en québécois des « vire-capot. »

Certains parleront de grands électeurs renégats, mais cette expression a une connotation très négative, bien qu’elle corresponde à la définition que donne le Larousse du mot renégat : « Personne qui a abandonné, trahi ses opinions, sa religion, son parti. »

Pourrait-on aussi parler de grands électeurs infidèles? De grands électeurs déloyaux? Cette dernière expression me parait intéressante.

Mentionnons, en terminant, que seulement 165 grands électeurs dans toute l’histoire des États-Unis n’ont pas respecté leur engagement. (Aucun d’entre eux n’a été assassiné.)

Le site Slate.fr recense les expressions politiques américaines difficilement traduisibles. Il date de 2012 et est sujet à caution. Par exemple, il soutient que l’expression swing state ne se traduit pas, alors que l’on parle couramment des États clés. Une lecture néanmoins intéressante.

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Liberté académique

La controverse qui ébranle l’Université d’Ottawa remet en question ce que certains appellent la liberté académique, terme condamné par bien des gens, non pas parce qu’il offense certains étudiants, mais parce qu’il viendrait de l’anglais.

Une rapide consultation du dictionnaire en ligne Usito, du Multidictionnaire de la langue française montre que l’expression est considérée comme un anglicisme. D’ailleurs plusieurs commentateurs lui ont substitué les termes suivants : liberté d’enseignement, liberté universitaire.

Car c’est souvent universitaire qui est présenté comme la traduction plus exacte de l’anglais academic. En effet, ce dernier mot est largement utilisé en anglais et, comme l’indique la Banque de dépannage de l’Office québécois de la langue française, il peut être remplacé par scolaire, collégial ou universitaire.

Que veut dire académique?

Est académique ce qui se rapporte à une académie, souvent l’Académie française. Il peut aussi être question de l’école de Platon, mais l’acceptation classique est, selon le Dictionnaire de l’Académie française :

Relatif à une division territoriale et administrative de l’Université française.

Le doute s’insinue. D’autant plus que le Petit Robert va dans le même sens :

Qui a rapport à l’administration de l’académie (enseignement). Inspection académique, palmes académiques.

Les palmes académiques, définies ainsi par l’Académie française :

Décoration qui récompense les mérites d’une pers. ayant servi l’Université de France dans le cadre d’une de ses Académies

Il semble donc que l’emploi du mot académique dans liberté académique n’est pas aussi condamnable qu’on peut le penser. D’ailleurs, le Robert indique que l’adjectif s’utilise au Canada, en Belgique, au Luxembourg et en Suisse.

Détail intéressant, le dictionnaire cite la locution liberté académique, qui serait un belgicisme (???) et la définit ainsi :

(Liberté) dont jouissent les enseignants universitaires dans leurs activités d’enseignement et de recherche.

Conclusion

Un adjectif qui renvoie à l’université française peut-il être employé au Canada? Est-ce que l’expression anglaise academic freedom ne viendrait pas au fond du français? Ou bien liberté académique serait un des très nombreux calques qui ont cours dans le français d’ici?

Chose certaine, on peut facilement lui substituer liberté universitaire, liberté d’enseignement. En espérant qu’elle survive.

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Gerrymandering

À l’approche des élections américaines, il convient de parler de ce curieux phénomène appelé gerrymandering.

Définition

En gros, il s’agit du découpage malhonnête de circonscriptions électorales afin de fausser le résultat du vote. Les autorités d’un État vont charcuter une circonscription donnée par un découpage capricieux, pour que les partisans du parti B soient inclus dans une circonscription où les électeurs du parti A sont majoritaires, l’objectif étant de noyer le vote des premiers.

Ce qui signifie que dans un État où le parti B aurait normalement décroché cinq sièges, il n’en obtient finalement qu’un ou deux. En bon français, il s’agit du tripotage, de la manipulation du découpage des circonscriptions, ce qui est fondamentalement antidémocratique.

L’éparpillement du vote d’opposition dans plusieurs circonscriptions s’appelle le cracking, tandis la concentration du vote d’opposition dans une circonscription boursoufflée est appelée packing.

Origine du mot

L’expression gerrymandering vient du nom d’un gouverneur du Massachusetts Elbridge Gerry qui avait fait redessiner les contours des districts électoraux de son État pour favoriser son parti. Ce redécoupage malicieux avait la forme d’une salamandre, salamander en anglais, d’où le terme gerrymandering.

Traduction

L’expression anglaise est couramment employée par les politicologues. Dans Termium, on trouve les traductions suivantes : manipulation des limites électorales à des fins partisanes; remaniement arbitraire d’une circonscription; découpage arbitraire d’une circonscription; découpage abusif d’une circonscription.

On voit tout de suite que la traduction passe par une périphrase. Jusqu’à maintenant aucune traduction originale ne s’est imposée. En avez-vous une?

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Adresse à la nation

Le premier ministre Trudeau vient de prononcer une adresse à la nation au sujet de la pandémie qui reprend de la vigueur dans notre pays. Encore une fois, le Canada pense en anglais quand il parle en français.

Si en anglais on peut s’adresser à la nation, il en est tout autrement en français, surtout si on examine le sens du mot adresse. Les grands dictionnaires définissent une adresse, comme l’expression d’un vœu exprimé par une assemblée politique à un souverain. On est donc très loin du discours prononcé par M. Trudeau.

Adresse à la nation s’inspire de l’anglais address to the nation. La définition trouvée pour address dans le Merriam-Webster est assez éloquente :

A prepared speech delivered to a special audience or on a special occasion.

L’expression en l’objet est donc un autre calque de l’anglais, avec toutes les apparences de la normalité, raison pour laquelle il passe inaperçu un peu partout.

Le premier ministre a tout simplement prononcé un discours au pays, un discours aux Canadiens.

On lira avec intérêt mon article sur le mot nation.

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Passer à travers

L’un des travers des puristes et de bien des langagiers est de voir des anglicismes partout. Ils n’ont pas toujours tort.

On entend souvent l’expression passer à travers quelque chose. La traductrice vigilante, le terminologue à l’affût se méfient à bon droit puisque l’une des définitions de through en anglais comporte comporte le sens suivant, selon le Merriam-Webster :

Arrived at completion or accomplishment.

Par conséquent, l’expression to go through something, peut comporter le sens figuré de subir une épreuve, d’aller jusqu’au bout et de s’en sortir.

Le langagier délivre donc un constat d’anglicisme à son rédacteur.

Minute papillon!

Une simple recherche au dictionnaire nous amène une révélation surprenante : l’expression existe aussi en français! Le Robert :

Passer au travers : échapper à un danger, à qqch de fâcheux.

Le sens n’est pas exactement le même. Si en Europe et ailleurs dans la Francophonie on échappe à une situation difficile, au Québec on la vit d’un bout à l’autre et on s’en sort.  On est donc plus près du sens anglais.

À travers le Canada

Qui ne rêve pas de voyager à travers le Canada, à travers l’Europe ou l’Asie? Anglicisme ou pas? Là encore, les langagiers ont les sens en éveil, flairant la proie.

Comme l’indique le Collins :

To go through a town, area, or country means to travel across it or in it.

En français, aller à travers quelque chose signifie le traverser d’un bout à l’autre, dans toute son étendue. Comme l’indique l’Office québécois de la langue française, il est probable que l’expression s’inspire de l’anglais, quand il est question de géographie, bien que ni le Larousse ni le Robert ne la qualifient d’anglicisme.

Toutefois, force est de constater que de grands écrivains français employaient l’expression eux aussi. Il est peu probable qu’ils aient été contaminés par le français québécois anglicisé.

Le chevalier s’en allait à travers le monde, secourant la veuve et l’orphelin. – Chateaubriand

Si on tient à éviter l’expression, on peut toujours dire Voyager d’un bout à l’autre de l’Asie, partout en Europe, aux quatre coins du Canada, etc.

J’espère que vous ne prendrez pas cette chronique de travers.

Action

Action! Voilà le mot lancé par les cinéastes quand la caméra se met à tourner.

Le mot surgit plus souvent qu’à son tour dans le discours politique et journalistique. Dernière citation en date, celle du premier ministre Trudeau : « Prendre des actions. » On a vu aussi récemment venant d’un autre interlocuteur : « Prendre action. »

Si une action est la manifestation d’une activité, il n’en demeure pas moins que les deux expressions ci-dessus tranchent et s’inspirent de l’anglais. Elles sont d’ailleurs condamnées par l’Office québécois de la langue française.

L’anglicisme s’insinue aussi dans la définition du mot même. Les rédacteurs parlent fréquemment des « actions du gouvernement », alors qu’il serait plus français de discuter des mesures, interventions ou décisions des autorités.

Le gouvernement de la France emploie pourtant l’expression « actions du gouvernement » sur son site Web, ce qui ne manquera pas de donner des munitions aux actionnistes, ceux qui tiennent absolument à parler à l’anglaise. Sur le site, on peut lire ce qui suit :

Vous voulez comprendre les décisions du Gouvernement? Savoir ce qu’elles changent pour vous au quotidien? Vous êtes au bon endroit.

C’est moi qui souligne. On remarquera l’emploi du mot décisions ainsi que la majuscule à Gouvernement. Le site parle des actions du gouvernement au sens large, classées par thématiques, économie et finances, culture, etc.

À proprement parler, on ne peut condamner l’emploi du mot actions, mais le repli vers décisions m’apparait significatif.

Soyons donc prudents avant de qualifier d’actions des mesures courantes, quitte à parler de l’action du gouvernement en général. Quant aux expressions « Prendre action » et « Prendre des actions », laissons-les au premier ministre Trudeau.

Interview

Le mot interview est plus utilisé en Europe, bien qu’on le lise parfois au Canada. De ce côté de l’Atlantique, on dit plutôt entrevue, mais cette francisation comporte quelques inconvénients.

Interview

Cet anglicisme s’applique dans le cas d’une entrevue que mène un journaliste en vue de publier un article. Point à la ligne.

Le substantif a engendré le verbe interviewer. Dans les deux cas, le contexte est clair. Exemple :

Bernard Pivot interviewe André Racicot (on peut rêver!).

Entrevue

Au Canada, on utilise surtout le substantif entrevue, nettement plus polyvalent. Il désigne la rencontre d’un journaliste et d’une personne… interviewée. Mais on peut également parler d’une entrevue d’embauche, d’une rencontre concertée de plusieurs personnes, d’un entretien.

Je ne crois pas qu’entrevue soit tellement polysémique, au point qu’il faudrait recourir à l’anglicisme interview. Quand on dit que Yannick Nézet-Séguin donne une entrevue à La Presse, tout le monde comprend.

Cependant, entrevue est en quête d’un verbe. Un journaliste peut-il entrevoir Yannick Nézet-Séguin? Ce dernier a-t-il été entrevu par le quotidien en question?

On verra plutôt des tournures comme celles-ci :

Interviewé par La Presse, Yannick Nézet-Séguin a annoncé la tenue de nouveaux concerts l’an prochain. Lors de l’entrevue, il s’est déclaré enchanté des performances de son orchestre. La semaine prochaine, notre reporter interviewera Kent Nagano.

Comme on le voit, l’anglicisme interviewer finit par servir de béquille.

Cynique

Êtes-vous cyniques par rapport à la politique? Vous en avez assez de la bêtise humaine, des théories du complot? De votre employeur? De ces blogueurs qui prétendent tout savoir?

Vous n’avez peut-être pas tort. Du moins en anglais.

J’ai déjà traité de la question (pas de l’enjeu, pas de la problématique…) des faux amis, ces mots communs à l’anglais et au français qui ont un sens voisin ou différent. Ils constituent un piège redoutable dès que l’on gribouille et scribouille dans un milieu bilingue. Par exemple au Canada.

Au fil des écritures, le sens véritable de cynique s’est perdu. En français, une personne cynique se conduit avec insolence et méprise les conventions sociales. L’imbuvable président américain en constitue un exemple éloquent.

Ce genre d’individu trouve malheureusement sa réplique dans des pays comme le Brésil, la Grande-Bretagne, la Turquie, le Bélarus, entre autres. Preuve que les Américains n’ont pas le monopole de ce genre de conduite.

Les dirigeants sont source de désillusion; les populations deviennent pessimistes, sceptiques, amères, peinées, dégoûtées, désespérées. Entre autres et à divers degrés.

Je ne sais pas si le sens véritable de cynique peut reprendre sa place dans les écrits canadiens. Il y a en effet de quoi être découragé devant le peu d’intérêt que les rédacteurs manifestent souvent envers leur outil de travail, le français.

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