Author Archives: Andre Racicot

Législation

Il est très courant dans les médias d’employer législation comme un parfait synonyme de loi. Pourtant les journalistes font fausse route.

Avouons qu’il est facile de tomber dans le piège, puisque, encore une fois l’anglais, a un champ sémantique plus vaste que le français pour certains mots. C’est le cas pour legislation, qui peut désigner une loi en particulier.

En français, la législation est l’ensemble des lois d’un pays. Par extension, une législation peut être un ensemble de plusieurs lois dans un domaine précis.

Il ne saurait donc être question d’une loi en particulier.

On pourrait par exemple parler de la législation en environnement, étant entendu qu’il existe plusieurs lois dans ce domaine.

Il est encore plus erroné de parler d’une législation pour un projet de loi déposé au parlement. En effet, un projet de loi n’est pas une loi, puisqu’il n’a pas encore été approuvé par les députés, ni sanctionné par le chef d’État. Bien entendu, il est encore plus absurde de le qualifier de législation.

De l’Afrique

L’Afrique est surnommée « le Continent noir » (avec ou sans majuscule initiale) pour des raisons qui n’échappent à personne. Autre surnom moins connu : « le berceau de l’humanité », car les historiens estiment que la race humaine a pris son essor en Afrique.

Le continent africain est subdivisé en États et en régions. À ce sujet, des mises en garde s’imposent, car les pièges sont nombreux.

Afrique australe et Afrique du Sud

 Les deux expressions se ressemblent beaucoup en anglais et on peut les confondre aisément. Southern Africa désigne une région appelée Afrique australe en français, tandis que South Africa désigne un pays. Le langagier cherchant une définition précise d’Afrique australe dans les dictionnaires habituels sera encore une fois déçu et devra s’en remettre… à Internet. Bien entendu, les définitions varieront sensiblement d’un site à l’autre. Mais, grosso modo, la région regroupe les États suivants : Afrique du Sud, Angola, Comores, Lesotho, Madagascar, Maurice, Botswana, Swaziland, Mozambique et Namibie.

Les régions africaines non définies

Outre l’Afrique australe, l’usage a donné ses lettres de créances à deux expressions absolument introuvables dans les dictionnaires courants, même si elles sont fréquemment employées!

Prenons l’Afrique équatoriale. Tant le Petit Larousse que le Robert des noms propres ne répertorient pas cette expression. Il faut se rabattre sur le nom commun équatorial : relatif à l’équateur (on s’en doutait un peu); situé à l’équateur. Il faut donc en conclure que l’Afrique équatoriale comprend les États traversés par la ligne de l’équateur, soit : le Gabon, le Congo, la République démocratique du Congo, l’Ouganda, le Kenya et la Somalie. Mais qu’en est-il de la Guinée équatoriale? Son nom n’est-il pas assez explicite? Certes, mais le pays est situé juste au nord de l’équateur… Troublant n’est-ce pas?

Peut-être l’Afrique équatoriale comprend-elle finalement tous les États environnants de l’équateur, ce qui permettrait d’inclure la Guinée équatoriale, mais aussi d’autres pays, dont l’île de Sao-Tomé-et-Principe.

Ne serait-il pas pratique que Larousse et Robert se décident à donner une définition de ce terme? D’autant plus que l’expression désuète Afrique-Équatoriale française fait toujours partie du corpus?

La situation n’est pas plus claire en ce qui a trait à l’Afrique subsaharienne. Il faut encore consulter les pages des noms communs pour arriver à une solution. Ainsi, le Larousse de 1993 Larousse définit subsaharien comme suit : « Proche du Sahara », ce qui n’est pas très clair, car on pourrait penser que ce sont les pays limitrophes du grand désert qui sont visés. En outre, comment définir la proximité dans ce cas précis? Heureusement, le Larousse a rectifié le tir, pour ne pas créer une tempête de sable dans un verre d’eau. Nouvelle définition : « Relatif à l’Afrique située au sud du Sahara. » Il ne s’agit donc plus de pays proche du Sahara, mais de tous ceux situés au sud. À croire que, depuis 1993, l’Afrique subsaharienne a vu son tour de taille augmenter…

Quant au Robert, il dit bien : « Relatif aux régions situées au sud du Sahara. » Le plus curieux, c’est que le terme subsaharien n’est apparu dans le Robert qu’après 2007, alors qu’il figure depuis belle lurette dans le Larousse.

Le langagier pourrait être tenté d’aller vérifier sur la Grande Toile, mais il pourrait connaître des mésaventures dignes d’Indiana Jones… Par exemple en parcourant Wikipédia qui définit ainsi l’Afrique subsaharienne : « Afrique située au sud du Sahel. » Je vous avais prévenus.

L’Afrique du Nord

 Il n’échappera à personne, j’espère, que l’expression est mal construite. La partie nord de l’Afrique est bien plus vaste que la région que l’on désigne aussi sous le nom de Maghreb. C’est d’ailleurs à ce terme que renvoient les deux grands dictionnaires. Qu’est-ce que le Maghreb? L’Algérie, le Maroc et la Tunisie. Jadis, il englobait aussi la Libye et la Maurétanie, de sorte que la région répondait plus facilement à la définition que l’on pourrait donner de l’Afrique du Nord. Manquent encore l’Égypte et le Sahara occidental. On n’en sort plus…

Heureusement, il y a le Grand Maghreb qui englobe la Libye, la Maurétanie et le Sahara occidental.

J’ai déjà parlé de la géométrie variable des subdivisions géographiques comportant des points cardinaux (comment définir l’Afrique de l’Est?). Force est de constater qu’il est plus facile de délimiter les frontières de régions dont le nom comporte une forme adjectivale ou un substantif défini dans un grand dictionnaire. L’Afrique subsaharienne en est un bel exemple, parce que les dictionnaires de noms communs sont venus à notre secours.

Les grands disparus

La décolonisation a entraîné la disparition de certains toponymes, comme Léopoldville, devenue Kinshasa, et de Tananarive, appelée maintenant Antananarivo. Le Zaïre, l’ancien Congo belge, a aussi changé de nom : la République démocratique du Congo, ce qui peut créer une certaine confusion avec son voisin… le Congo, ancienne colonie française. Par ailleurs, personne ne pleurera l’ancienne Rhodésie du Sud, qui a pris le nom de Zimbabwe. L’ensemble formé par cet État ainsi que la Rhodésie du Nord et le Nyassaland a éclaté pour donner naissance à la Zambie, au Malawi et au Zimbabwe.

Traduire les noms d’organismes étrangers?

Principes généraux

La question n’est pas facile à trancher et beaucoup sont tentés de laisser les appellations étrangères en anglais, arguant que de toute façon il n’y a aucune traduction française officielle. Ce raisonnement ne tient pas.

Il faut savoir que les noms d’institutions politiques des tous les pays du monde doivent être traduits, pour des raisons de commodité, et ce, même si le français n’est pas langue officielle dans les pays visés.

En effet, il nous serait impossible de comprendre des appellations comme koningin (Pays-Bas), forseti (Islande), malak (Maroc) ou naikaky sori daijin (Japon). À moins d’être polyglotte, comment deviner qu’il s’agit de la reine des Pays-Bas, du président de l’Islande, du roi du Maroc ou encore du premier ministre du Japon?

La situation serait encore plus corsée pour les langues écrites en caractères cyrilliques (russe, grec, etc.), en idéogrammes (chinois, japonais, etc.), et pour celles rédigées dans d’autres alphabets (coréen, géorgien, hindi, etc.).

Il tombe sous le sens qu’il faudra également traduire les noms d’institutions, comme les ambassades, les ministères et les parlements. Dans ce dernier cas, les traductions comme Congrès, Assemblée législative, Chambre des représentants, Sénat, Diète, etc. sont très courantes. D’autres, comme le Congrès national du peuple, le parlement chinois, sont également traduites. On note quelques exceptions, qui restent en langue originale; pensons à la Knesset (Israël), aux Cortes (Espagne), au Storting (Norvège) ou à la Douma (Russie).

 Les États-Unis

Nos voisins du sud nous fournissent un exemple intéressant. La Maison-Blanche, les chambres du Congrès, les départements et certaines institutions connues, comme la Réserve fédérale et l’Agence de protection de l’environnement voient leur nom traduit vers le français. Là encore, ce ne sont pas des traductions officielles, mais elles se sont frayé un chemin dans l’usage.

Petit bémol, toutefois. Beaucoup d’autres restent en anglais : la Food and Drug Administration, la Drug Enforcement Agency et le Surgeon General, par exemple. Pourquoi celles-ci plutôt que celles-là? Voilà le grand mystère de l’usage. Il est donc possible que des appellations françaises cohabitent avec d’autres en anglais.

Comment savoir ce qui est traduit? La Grande Toile nous fournit des réponses, certes, mais il faut être prudent. Il faudra soumettre la traduction proposée en ciblant les sites de publications françaises bien écrites (Le Monde, par exemple) pour déterminer s’il existe une traduction française consacrée pour le nom d’un organisme états-unien. S’il n’en existe pas, rien n’empêche le traducteur de fabriquer une traduction maison, à titre indicatif, et de revenir au terme anglais original par la suite.

Certaines appellations sont mieux connues sous leur sigle anglais, comme la NASA et le FBI. Ces deux organismes sont parfois désignés comme suit : l’agence spatiale américaine et la police fédérale. Ce ne sont cependant pas des traductions consacrées, comme la Chambre des représentants, par exemple. Il faut donc les employer avec circonspection, pour expliciter le sens des deux sigles, entre autres.

Les noms d’organismes étrangers

Il faut être conscient que l’anglais, lui, traduit. Prenons la Swedish International Development Agency. Le nom officiel de cette agence est Styrelsen för Internationellt Utvecklingssamarbete. On pourrait être tenté de garder la traduction anglaise dans un texte français, mais ce serait faire preuve d’asservissement envers la langue de Shakespeare, puisque cette traduction n’a aucune valeur officielle, quand on y pense bien. Alors pourquoi pas l’Agence suédoise de développement international?

Autre exemple : la National Academy of Science of Ukraine. Il est certain que ce n’est pas le nom officiel de l’agence. Alors, puisque l’on a traduit une première fois vers l’anglais, pourquoi ne le ferait-on pas vers le français? Vive l’Académie nationale des sciences de l’Ukraine!

En fait, on pourrait ne pas traduire les noms d’organismes des pays anglophones si, et seulement si, ces noms sont utilisés couramment dans d’autres langues que l’anglais et que l’éventuelle traduction en français pourrait paraître inusitée. Autrement, il faut traduire.

On pourrait imaginer quelques exceptions à ce principe. Prenons les noms des lignes aériennes, comme Japan Airlines. Il serait peu pratique de voir cette appellation énoncée en espagnol à Madrid, en arabe à Tunis, etc. Le nom anglais fait figure de raison sociale à l’échelle internationale, là encore pour des raisons de commodité.

En conclusion : garder en tête qu’il faut autant que possible traduire les noms d’organismes étrangers.

Les mêmes principes s’appliquent pour les noms d’universités. On lira avec intérêt l’article que j’ai fait paraître en 2001 dans L’Actualité langagière.

 

London, Ontario

L’un des nombreux indices montrant que les Québécois et francophones du Canada parlent en français mais pensent trop souvent en anglais est cette précision inutile pour la ville ontarienne de London. Pensons-y bien. La confusion entre la capitale britannique et cette ville n’existe qu’en anglais, car, dans notre langue, elles sont désignées par deux noms distincts : Londres et London.

Certains feront valoir qu’il est commode de préciser le nom de la province, parce qu’il n’est pas clair pour tous que London est située en Ontario. Peut-être, mais il faut alors se demander si on ferait la même chose avec Peterborough, Niagara Falls, St. Catharines ou Thunder Bay ou Toronto, quant à y être. Cela ne me semble pas si clair.

En tout cas, il faudrait se poser la question avant d’écrire systématiquement London, Ontario.

Coupures budgétaires

S’il est une expression qui a la tête dure, c’est bien coupures budgétaires. Voilà un bel exemple d’impropriété, car, en français, une coupure n’est rien d’autre qu’une blessure, une interruption de courant ou encore un article découpé. Pas une diminution de budget ou de personnel.

Le gouvernement veut mettre de l’ordre dans les finances publiques, alors il réduit les budgets, supprime des postes, sabre dans les programmes. On peut aussi dire que le gouvernement tranche dans le vif, qu’il révise les budgets à la baisse, quand il ne les ampute pas.

Comme on le voit, il est facile de supprimer le verbe couper quand on veut vraiment s’en donner la peine et éviter de continuellement paraphraser l’anglais.

Ceux qui s’opposent aux politiques gouvernementales pourront parler  de véritable saignée dans les services publics, et non de coupures sévères.

On hésite à employer le mot coupe, qui, lui, est pourtant bien français. Deux expressions ressortent : coupe sombre et coupe claire. Il est d’ailleurs facile de les confondre. Une coupe sombre est, selon le Robert, une «opération qui consiste à n’enlever qu’une partie des arbres pour permettre l’ensemencement de nouveaux arbres». Une coupe claire, elle, éclaircit la coupe sombre pour donner plus de lumière aux jeunes arbres. Elle est donc plus draconienne.

Quant à ceux qui veulent éviter à tout prix le mot coupe parce qu’il ressemble trop à l’anglais, ils pourront toujours parler de réductions, de compressions, de diminutions.

Le verbe couper est plus délicat, car si on effectue des coupes il devient logique de dire que l’on coupe dans le personnel. Pourtant, on peut facilement éviter ce calque en recourant à des expressions idiomatiques. Par exemple, on ne coupe pas le personnel, on le réduit, on le comprime, voire on le supprime; on ne coupe pas dans les dépenses, on les réduit, on les comprime, on rogne dans les dépenses.

Pas si compliqué que cela de parler français quand on le veut bien.

 

Washington (DC)

Il semble aller de soi d’inscrire la sempiternelle mention DC après la ville de Washington, puisque c’est ce que nous voyons continuellement, mais il faudrait peut-être se demander s’il est vraiment utile de le faire. En effet, si je vous dis que je pars pour Washington demain, personne ne va se poser de question : il est évident que je m’en vais visiter la capitale états-unienne. Si je me dirigeais vers l’État de Washington, il va sans dire que je le préciserais. En fait, cette habitude de toujours indiquer le DC vient de l’anglais et ce qui est superflu en français est tout aussi inutile en anglais, du moins la plupart du temps.

Nos voisins du Sud ont pris l’habitude de mentionner l’État avec la ville, même dans les cas où cela va de soi : Détroit, Michigan, Los Angeles Californie et, le nec plus ultra, New York, New York.  Dans certains cas, il peut cependant être justifié de préciser l’État, notamment pour les villes dont le nom n’est pas unique, par exemple Salem, Massachusetts, pour ne pas la confondre avec son homonyme en Orégon. Bien d’autres noms, comme Rome ou Spingfield existent en effet dans plusieurs États.

Autrement, allons-y pour Washington tout court.

Académique

Le Canada est rempli d’académiciens, le saviez-vous? C’est en tout cas ce qu’il faut déduire, si l’on en juge par le nombre de fois que le mot académique se pointe le nez dans les écrits portant sur le monde de l’enseignement.

N’en jetez plus, la cour est pleine : formation académique, année académique, dossier académique, etc.

Pourtant, le terme en question désigne tout ce qui a rapport à une académie, notamment l’Académie française. Il faut donc considérer son usage abusif, à moins que nos universités et collèges ne soient tous devenus des académies, ce dont je doute.

On pourra objecter qu’on décerne en France les palmes académiques, une distinction qui récompense les services rendus à l’université. Il faut toutefois être conscient que nos cousins d’outre-mer emploient le mot académie dans un sens bien particulier, qui n’a pas cours chez nous : circonscription de l’enseignement.

Il est donc clair qu’académique, bien qu’employé aussi en Belgique et en Suisse, ne convient pas. Les adjectifs scolaire, collégial et universitaire suffiront à la tâche.

Et il ne s’agit pas d’un débat académique théorique.  D’ailleurs, la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française présente un article intéressant sur la question.

Faire la différence

L’expression faire la différence envahit le discours public, pour ne pas dire qu’elle s’impose carrément. À l’instar de tous ces leitmotivs répercutés par les porte-parole, les journalistes et rédacteurs de tout acabit, elle est un calque grossier de l’anglais.

Comme le signalent si bien les Clefs du français pratique du Bureau de la traduction : « La personne qui fait la différence, ou fait une différence, entre deux choses « établit une distinction » : Faire la différence entre le bien et le mal. Elle ne fait pas de différence entre eux. On peut lui servir du lapin pour du lièvre, elle ne fera pas la différence. »

L’expression est utilisée dans au moins deux contextes différents.

Le premier et le plus fréquent est de faire pencher la balance, avoir une influence déterminante, avoir pour résultat, tirer son épingle du jeu; se distinguer.

Un exemple dans le monde du sport : La défensive des Alouettes a fait la différence dans le match. On aurait pu dire que la défensive a joué un rôle décisif.

Le deuxième contexte est celui d’un slogan. On invite les contributeurs à Centraide à faire la différence. Avec un peu d’imagination, on aurait pu éviter le calque : À vous de jouer; influez sur le cours des choses; changez les choses; apportez votre contribution; agissez concrètement; votre contribution est importante.

Voici d’autres possibilités glanées dans des traductions du gouvernement fédéral : visez l’excellence; les mots ont tout leur poids; contribuer au mieux-être de l’ensemble; le pouvoir des enseignants; notre force est notre solidarité; les mentors ont-ils une influence?

L’expression faire pencher la balance devrait permettre au rédacteur et à la rédactrice de se tirer d’affaire dans la plupart des cas. Ainsi, ils éviteront le calque de l’anglais tout en s’exprimant dans un français idiomatique.

 

Renverser une décision

Les recherches sur Google sont parfois révélatrices. Par exemple, l’expression courante renverser une décision suscite quelque 200 000 résultats qui, si on examine attentivement les sources, semblent provenir de sites canadiens. Ce qui devrait nous mettre la puce à l’oreille… On peut même lire sur RDS : La Haute Cour de Grande-Bretagne a renversé une décision à l’effet que…

Un anglicisme c’est bien, deux c’est mieux?!

Comme bien des calques de l’anglais, l’expression a toutes les allures de l’innocence et paraît même très logique, si ce n’est qu’elle est erronée.

En français, on casse, annule, infirme une décision ou un jugement. In English, we reverse a decision. Notons également qu’en anglais il est possible de casser une décision : to quash a decision, qui vient de l’ancien français quasser.

 Les francophones utilisent avec tout autant de sincérité l’expression à l’effet que dans le sens de selon lequel. Par exemple : Les rapports à l’effet que la biodiversité diminue dans le monde…  Là encore, la prudence s’impose.

Les rapports selon lesquels la biodiversité…

Il faut savoir que le français a été la langue officielle de la couronne britannique pendant trois cents ans, ce qui explique les nombreux emprunts au français. Toutefois, ces emprunts se sont acclimatés à l’anglais et ont souvent pris un sens différent. L’univers anglo-saxon dans lequel nous baignons nous amène souvent à calquer les mots et les structures de la langue de Shakespeare, avec des résultats plus ou moins heureux. Il faut casser cette mauvaise habitude.

S’infliger une blessure et s’objecter

Les verbes pronominaux constituent un des éléments difficiles du français. Leur utilisation devient encore plus problématique… quand il ne s’agit pas vraiment d’un verbe pronominal.

Crosby s’est infligé une blessure en bloquant un lancer. Que signifie en réalité infliger? Ce n’est pas du tout ce que l’on croit : appliquer une peine. Exemple : infliger une sanction. Faire subir quelque chose à quelqu’un : infliger un affront, un supplice.

La forme pronominale existe dans le sens de s’imposer quelque chose, de s’astreindre. Il s’agit donc d’un acte volontaire. Lorsqu’un joueur de hockey se blesse, ce n’est certainement pas un choix délibéré.

S’objecter est une expression courante qui a toutes les allures de l’innocence. Là encore, il faut se méfier : on objecte un argument pour en rejeter un autre. On objecte la fatigue pour ne pas sortir.

La forme pronominale s’objecter est fautive. Il suffit de dire s’opposer.