Aphorismes sur la langue française

Apprendre le français, le parler, l’écrire pour ensuite apprendre d’autres langues et le comparer à elles permet d’approfondir la réflexion. Notre langue est incroyablement compliquée.

Mes réflexions se résument pour l’instant à ces trois aphorismes. Je suis persuadé qu’il y en aura d’autres.

 

Le francophone doit non seulement être ferré en grammaire, mais aussi posséder une mémoire d’éléphant pour mémoriser tout un lot d’exceptions qui accompagnent les règles de grammaire. Idéalement aussi, il devrait avoir appris deux langues mortes, le grec ancien et le latin, pour comprendre certaines graphies autrement inexplicables.

En français, tout ce qui pourrait être simple est compliqué; et tout ce qui est compliqué l’est encore plus que vous ne le croyez.

Soutenir que le français a des règles est quelque peu exagéré; il a plutôt des régularités assorties d’un cortège d’exceptions, souvent illogiques et résultant d’erreurs passées. L’apprentissage du français devient un travail de mémorisation de ces régularités et exceptions, une sorte de talmud que le francophone doit apprendre par cœur.

4 Thoughts on “Aphorismes sur la langue française

  1. Anne-Marie De Vos on 3 avril 2018 at 10:24 said:

    … une sorte de talmud ou de catéchisme!

  2. Marc-Andrê Descôteaux on 3 avril 2018 at 18:54 said:

    Quels sont donc les trois aphorismes qui alimentent ta réflexion? Je compte deux phrases avant cette affirmation.

  3. Christiane Poirier on 3 avril 2018 at 18:56 said:

    Bonjour, André!
    Je dois avouer que je suis rendue assez réfractaire à cette idée que le français est horriblement compliqué. Admettons qu’il le soit, compliqué, mais il l’est peu comparativement à d’autres langues. L’allemand a trois genres (et le genre neutre n’est pas réservé aux objets comme en anglais), des déclinaisons, donc où la désinence varie selon le rôle grammatical, où l’adjectif ne se décline pas de la même façon selon que l’article qui le précède est défini ou indéfini, etc. Et le polonais a aussi de ces coquetteries qui ne simplifient pas la vie!
    Le français a des complexités, l’anglais, si on se donne la peine de bien le parler et de bien l’écrire , en a aussi. C’est ce qui fait la richesse et l’histoire des langues.
    Quand on arrêtera de crier à la complexité du français, il y aura peut-être plus de personnes prêtes à consacrer les efforts nécessaires pour l’apprendre et bien l’écrire. Mais non, voyons, je ne te vise pas! 🙂

  4. Chambaron on 4 avril 2018 at 11:23 said:

    Comparer les langues sur le critère de complexité a peu de sens et ne mène nulle part. Comme correcteur (en France) et contributeur régulier à des sites d’orthographe, je ne peux que constater l’inutile enchevêtrement de règles lors du passage de l’oral à l’écrit et le nombre d’exceptions résultant d’anomalies historiques et du manque de clairvoyance des autorités linguistiques sur ces sujets.
    Le résultat est un temps excessif consacré à cet apprentissage « mandarin » par rapport à d’autres questions (lecture, richesse de vocabulaire, sens des nuances, syntaxe pertinente). De plus (en France en tout cas), ce sujet de code graphique est un poison social permanent, une sélection sur une compétence étroite au détriment de qualités plus importantes. Il y a aussi trop de domaines où même les autorités (Académie, dictionnaires, grammairiens, Administration) ne sont pas cohérentes entre elles, semant le doute sur le français de référence. Enfin, le français a une vocation planétaire que sa graphie « plombe » bêtement : les étrangers n’apprennent pas notre langue pour ses aspects tortueux mais pour des raisons géostratégiques ou de conviction envers les valeurs qu’elle véhicule. La surcharger menace sa cohérence par balkanisation en favorisant les distorsions.
    Qu’on comprenne bien que comme correcteur, je suis l’un des rares à défendre une telle position. Les mandarins sont enclins à défendre leur savoir durement acquis et se mettent ensuite en travers de toute adaptation. Cela n’était pas le cas de nos grands et illustres ancêtres littérateurs pour qui le code orthographique était une basse besogne déléguée aux imprimeurs.

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