Action

Action! Voilà le mot lancé par les cinéastes quand la caméra se met à tourner.

Le mot surgit plus souvent qu’à son tour dans le discours politique et journalistique. Dernière citation en date, celle du premier ministre Trudeau : « Prendre des actions. » On a vu aussi récemment venant d’un autre interlocuteur : « Prendre action. »

Si une action est la manifestation d’une activité, il n’en demeure pas moins que les deux expressions ci-dessus tranchent et s’inspirent de l’anglais. Elles sont d’ailleurs condamnées par l’Office québécois de la langue française.

L’anglicisme s’insinue aussi dans la définition du mot même. Les rédacteurs parlent fréquemment des « actions du gouvernement », alors qu’il serait plus français de discuter des mesures, interventions ou décisions des autorités.

Le gouvernement de la France emploie pourtant l’expression « actions du gouvernement » sur son site Web, ce qui ne manquera pas de donner des munitions aux actionnistes, ceux qui tiennent absolument à parler à l’anglaise. Sur le site, on peut lire ce qui suit :

Vous voulez comprendre les décisions du Gouvernement? Savoir ce qu’elles changent pour vous au quotidien? Vous êtes au bon endroit.

C’est moi qui souligne. On remarquera l’emploi du mot décisions ainsi que la majuscule à Gouvernement. Le site parle des actions du gouvernement au sens large, classées par thématiques, économie et finances, culture, etc.

À proprement parler, on ne peut condamner l’emploi du mot actions, mais le repli vers décisions m’apparait significatif.

Soyons donc prudents avant de qualifier d’actions des mesures courantes, quitte à parler de l’action du gouvernement en général. Quant aux expressions « Prendre action » et « Prendre des actions », laissons-les au premier ministre Trudeau.

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