Monthly Archives: juillet 2015

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Aller en élection

Le gouvernement conservateur a choisi d’aller en élection dès le début d’août pour s’offrir une campagne plus longue. Ainsi s’exprime-t-on en anglais.

Plus correctement, on pourrait dire que le Canada va aux urnes, qu’une élection été déclenchée.

Qui donc ira aux urnes? Les voteurs, diront certains. Non, les électeurs. Ils se rendront aux polls, non, aux bureaux de votation…  Vous voulez dire les électeurs et les bureaux de scrutin. Cette année, le vote par anticipation est très populaire.

Comme les élections ont maintenant lieu tous les quatre ans, le prochain gouvernement aura donc un mandat (et non un terme) de la même durée.

Autant les électeurs devront mûrement réfléchir avant d’aller voter, autant rédacteurs et traducteurs devront y penser deux fois avant de tomber dans les pièges dont il est question dans ce billet.

En terminant, les Canadiens choisiront les députés de la 42e législature, et non du 42e Parlement, autre anglicisme insidieux.

Les pays baltes

En anglais, on les appelle « Baltic States »; en français, on parle plutôt des pays baltes, bien que l’appellation « États baltes » se voie parfois. Elle ne peut être considérée comme une erreur.

On appelle pays baltes la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie. Ces trois pays sont adossés au Bélarus et à la Russie. Ils comportent chacun une importante minorité russe, que Moscou défend avec fermeté.

La graphie Lithuanie est désuète en français, alors que l’anglais a conservé le H : Lithuania. La Lettonie est parfois appelé Latvie, tout comme en anglais : Latvia.

La désignation pays baltes devait s’écrire en minuscules, comme on le fait pour d’autres expressions du genre. Pensons à pays nordiques, pays balkaniques, etc. D’ailleurs les deux grands dictionnaires ne s’entendent pas sur la graphie, le Larousse préférant pays Baltes, tandis que le Robert écrit l’expression en minuscule.

On constatera l’arbitraire de ce genre d’appellation. En effet, les trois pays précités ne sont pas les seuls à posséder un rivage sur la Baltique : c’est aussi le cas de la Pologne et de l’Allemagne.

Ainsi en va-t-il des toponymes. Les référents sont parfois choisis arbitrairement pour des raisons de simplicité.